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CAMEROUN :: Crise ANGLOPHONE : Des messages appelant à  la haine inondent les réseaux sociaux :: CAMEROON
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  • Le Messager : Frank Essomba
  • mardi 07 août 2018 08:59:30
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CAMEROUN :: Crise ANGLOPHONE : Des messages appelant à  la haine inondent les réseaux sociaux :: CAMEROON

Des messages à forts relents de xénophobie sont depuis quelque temps véhiculés par les réseaux sociaux. Pourtant dans une période de crise comme celle-ci, les Camerounais ne doivent-ils pas faire preuve de beaucoup de responsabilité ?

De tels appels à la haine sont à dénoncer. « Je voudrais d’abord remercier tous les fils du Sud-ouest qui ont participé à la marche de protestation de Buea. Nous voulons vous remercier pour votre courage et dire que, ce que vous aviez fait va rester dans l’histoire du Sud-ouest et du Cameroun tout entier, comme des gens qui sont sortis pour dire non à l’oppression en désignant les oppresseurs.

Le sud-ouest est rempli et nous ne devons plus corrompre nos âmes en regardant les étrangers. Ceci nous interpelle, dans nos terres à nous donner par Dieu. Le Sud-ouest appartient au fils et filles du Sud-ouest, et le Nord-ouest aux fils et filles du Nord-ouest. Il faut donc que les ressortissants du Nord-ouest rentrent chez eux pour développer leur région.

Le Sud-ouest est devenu trop étroit pour contenir nous tous. En fait, nous devons les traiter comme tels à cause de leur choix sur la violence. Ils ont opté être dangereux, avec des personnes dangereuses, des tueurs, des voleurs à mains armées. Nous avons vu leur méchanceté. Nous ne pouvons plus nous accommoder des gens qui ont des cœurs aussi durs, les gens qui aiment le sang humain ».

Tel est le message signé par un certain Fankline Njumè qui circule sur les réseaux sociaux. Le présumé auteur insiste par ailleurs sur le faite que « ce message doit aller plus loin que possible et au plus profond des cœurs des ressortissants du Sud-ouest. Je vais continuer à le dire chaque fois que je vais prendre la parole jusqu’à ce que le dernier «Grafi, cam no go» quitte le Sud-ouest. L'information claire et nette. Nous voulons accueillir nos chefs, nous devons aménager leur confort, sans peur ni pleurs. Les terroristes « Grafi cam no go » ont tué une personne, il est dans la morgue. Nos cœurs sont attristés ».

Selon ce dernier, « nous sommes ainsi très en colère, chaque fois que nous pensons à ce monsieur qui a été torturé, battu et tué lâchement par des hommes méchants. Il n’y a rien de raisonnable dans ces actes que les Grafi peoples ont commis. Tous les grafi people doivent immédiatement faire leurs sacs. …Tous les Grafi man sont concernés, même ceux qui sont en charge de la sécurité, les hommes de Dieu, les pasteurs, tous les ressortissants du Nord-ouest sont des informateurs.

Quand ça commence, les Grafi people vous disent qu’ils ont des informations sur tel ou tel mouvement. Ils sont complices des actes commis par leurs frères ». Celui à qui l’on attribue ces messages appelant à la haine pense qu’« il faut que le gouvernement fasse tout pour enlever au Sud-ouest tous les ressortissants du Nord-ouest. Ils ont leur région, il faut qu’ils y retournent. Les Grafi peoples ont une semaine pour quitter Lysoka-Moliwe. Donc ; ils ont encore quelques jours. Ceux qui s’entêteront savent ce qui les attend, parce que je sais que les Grafi-peoples aiment trop résister. Ils aiment voir avant de croire… » Menace Fankline Njumè dans ce message audio posté sur sa page Facebook.

L’incitation à la haine, à la discrimination ou à la violence est un sujet très délicat, car il faut réellement un désir que cela se produise par des faits ou des actes. De nombreuses fois la jurisprudence a rendu des arrêts portant sur ce thème. Dans une période de crise comme celle-ci, les Camerounais doivent faire preuve de beaucoup de responsabilité. « Nous sommes dans une période sensible. Demander à des gens de s'attaquer à d'autres est inadmissible. Et nous allons traiter cela avec beaucoup de sérieux. Ce genre de choses est arrivé au Rwanda en 1994 avec la Radio Mille Collines, avec les conséquences que l'on sait. Est-ce cela que souhaitent certains en utilisant leur langage de haine sur les réseaux sociaux ? » S’interroge-t-on en haut lieu.

07août
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