CAMEROUN :: OPéRATION EPERVIER : La cellule de Marafa fouillée, des documents confisqués :: CAMEROON

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Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique, le droit de visite est réduit aux enfants et aux avocats de l’ancien Secrétaire général de la présidence de la République qu’on présente comme le choix des américains lors de la prochaine Présidentielle. Plus grave, la surveillance militaire a été renforcée.

Dans sa livraison de dimanche dernier, le magazine panafricain Jeune Afrique signale que la cellule de Marafa Hamidou Yaya, a été fouillée le 25 mai dernier « de fond en comble et des documents concernant sa défense ont été saisis… » Et que pour limiter ses contacts « des brouilleurs téléphoniques ont par ailleurs été installés dans cette prison ». Entre temps «le droit de visite est réduit à ses enfants et à ses avocats et la surveillance militaire renforcée ».

Le prisonnier qui est impliqué dans l’affaire de l’achat foireux de l’avion présidentiel Albatros est incarcéré depuis 2012 à la prison secondaire du Secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie (Sed). L’objet de cette fouille minutieuse initiée par les éléments de la gendarmerie nationale n’aurait pas été révélé ainsi que l’usage fait de documents récupérés dans les geôles de l’ex Minatd. Les autorités de la gendarmerie n’ont toujours confirmé ou non l’information mais tout laisse croire que la dernière actualité liée à la sortie de l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun serait à l’origine de ce remue-ménage.

Du fond de sa cellule, Marafa Hamidou Yaya n’aurait pas renoncé à son projet de briguer la magistrature suprême apprend-on de la 2995ème livraison du magazine panafricain. Il reste cependant que ce dernier bénéficierait du soutien des Etats-Unis qui auraient fait de lui leur « chouchou » parce qu’inscrit dans la liste des« prisonniers politiques » des autorités américaines. L’on cite par exemple la visite de courtoisie ou de soutien qu’il a bénéficié du pays de Donald

Trump avec la présence dans ce pénitencier de l’ancien ambassadeur Robert P. Jackson. Le plénipotentiaire américain trouvait alors sa posture « conforme » avec la mission de« surveiller le respect des droits humains et de nous assurer que nos deux gouvernements font tout ce qu’ils peuvent pour promouvoir les droits de l’Homme ».

Manquements dans le procès

Il a conclu au terme de la visite que le prisonnier Marafa vivait dans « des conditions correctes ». Robert Jackson constatait in fine que « le procès avait quelques manquements et que le jugement n’a pas précisé les preuves de corruption. » face à un journaliste, le diplomate ajoutait qu’« Il faut poursuivre l’opération Epervier, mais il faut le faire de façon apolitique. » venant ainsi corroborer l’image selon laquelle l’opération Epervier est une épuration politique ou mieux de la liquidation des potentiels successeurs. Le fait qu’un diplomate américain actuellement accrédité au Cameroun, Peter Henry Barlerin, de suggérer au chef de l’Etat Paul Biya de penser à « l’héritage » futur suffit-il pour faire un rapprochement avec la fouille perpétrée dans la cellule du membre du bureau politique du parti au pouvoir ? Difficile de le savoir. Toujours est-il que le retour du congé annuel annoncé pour le 08 juin de l’ambassadeur américain et les jours à venir nous permettront de voir plus clair dans cet autre feuilleton.

Un caillou dans la chaussure du Pouvoir ?

On se souvient que de sa prison, Marafa Hamidou Yaya a publié en 2014 « le choix de l’action », un livre de 409 pages dans lequel il propose aux Camerounais un contrat de société de confiance. L’opuscule dit ce qu’ont été ses 10 ans au Minatd. Ses succès, mais aussi ses échecs. L’homme d’Etat explique ses misères par la nonprise en compte des propositions qu’il faisait pour une meilleure organisation des élections, l’aménagement de la protection civile et l’implémentation de la décentralisation.

Le responsable de cette inertie est tout désigné : Paul Biya qui a causé la déchéance de son collaborateur. L’avocate de l’ex Sgpr Alice Nkom pense que c’est peut-être pour cela que c’est embarrassant pour le pouvoir de le mettre en liberté, même en exécution de la recommandation du groupe de travail de l’Onu alors qu’il y a des élections qui se préparent au Cameroun : « C’est un facteur qu’il faut prendre en considération dans la perspective de l’exécution de cette décision. Le fait pour lui d’être libre est un facteur menaçant pour la candidature du président Biya. Je crois, c’est ça le caillou qu’ils ont dans la chaussure. »

© Source : Le Messager : Christian TCHAPMI Et Dimitri AMBA

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