Camer.be
CAMEROUN :: PROLIFéRATION DES ARMES DE GUERRE : La difficile équation des braconniers et des bandes armées :: CAMEROON
CAMEROUN :: SOCIETE
  • Repères : Bernard Bangda
  • lundi 16 avril 2018 09:41:13
  • 4102

CAMEROUN :: PROLIFéRATION DES ARMES DE GUERRE : La difficile équation des braconniers et des bandes armées :: CAMEROON

Le ministre de l’Administration territoriale (Minat) a ordonné la fermeture des armureries. Cependant, il reste à régler le problème des armes de guerre qui circulent à nos frontières.

Dans son communiqué du 4 avril 2018, le Minat prescrit aux gouverneurs des Régions de l’Adamaoua, du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest :

  • l’interdiction de la vente des armes de chasse et de protection ;
  • la fermeture de toutes les armureries ouvertes ;
  • l’inventaire exhaustif des stocks d’armes et de munitions disponibles dans les armureries, ainsi que les commandes en cours ou en instance ;
  • l’identification de tous les détenteurs d’armes disposant d’autorisation d’achat ou de port d’armes.

Selon le Mindef, le nombre des armes à feu en circulation est passé de 20 000 à 24 000 au cours de ces trois dernières années. En juin 2017, plus de 150 armes et plus de 5000 munitions tous calibres sont brûlées à Bertoua ; En 2008, WWF révèle qu’une kalachnikov coûtait entre 50 000 et 100 000 F CFA.

«La prolifération et la circulation illicite des armes à feu de tous calibres et de leurs munitions» dont «les proportions préoccupantes représentent une réelle menace à l’ordre public» inquiète le Minat. Qui, dans un communiqué rendu public le 4 avril 2018, prescrit aux gouverneurs des Régions de l’Adamaoua, du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Nord- Ouest et du Sud-Ouest «l’interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de la vente des armes de chasse et de protection ; la fermeture de toutes les armureries ouvertes dans lesdites régions ; l’inventaire exhaustif des stocks d’armes et de munitions disponibles dans les armureries, ainsi que les commandes en cours ou en instance ; l’identification de tous les détenteurs d’armes disposant d’autorisation d’achat ou de port d’armes».

Si la mesure ministérielle est salutaire en ce qui concerne les armureries dont les fichiers ne sont jamais à jour, l’on observe que d’autres facteurs favorisent la prolifération et la circulation des armes dans notre pays. En effet, en mars 2018, selon des chiffres actualisés par le ministère de la Défense (Mindef), «le nombre des armes à feu en circulation est passé de 20 000 à 24 000 armes au cours de ces trois dernières années». Pour le Mindef, «cette prolifération des armes à feu est la conséquence des crises sociopolitiques que traverse le Cameroun ces derniers temps, aussi bien dans le cadre de la guerre contre le mouvement terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, la lutte contre les milices sécessionnistes dans les Régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-ouest, sans oublier des combats contre les incursions de milices centrafricaines dans la région de l’Est».

Une kalachnikov à 100 000 FCFA  Dans la Région de l’Est par exemple où il y a très peu d’armureries, en plus des conséquences des multiples crises centrafricaines sur la sécurité locale, depuis mars 2013, le ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) révélait déjà que «la faune et l'écotourisme sont sérieusement menacés par la circulation illégale des armes de guerre dans les aires protégées de trois des quatre départements de la région (Lobéké et Boumba Bek dans la Boumba et Ngoko, le parc de Nki et la réserve biosphère du Dja dans le Haut-Nyong, et les nombreux sites touristiques de la Kadey).»

Et c’est tout naturellement qu’en juin 2017, plus de 150 armes manufacturées et de fabrication artisanale et plus de 5000 munitions tous calibres sont brûlées à Bertoua dans le cadre de la lutte contre le braconnage. Selon les autorités locales, ces armes et munitions avaient été saisies entre les mains des braconniers dans différentes localités de la Région. A titre d’illustration, toujours en 2013, une opération conduite par les éco gardes et les militaires du Bataillon d'intervention rapide (BIR) dans les localités de Moloundou, Kika et Libongo à la frontière avec le Congo Brazzaville et la République centrafricaine (RCA) a permis de saisir 20 kalachnikovs, 45 armes légères et plus de 100 pointes d'ivoire.

Par ailleurs, des enquêtes menées en 2008 par le Fonds mondial pour la nature (WWF), une ONG de protection de l'environnement, ont révélé que les kalachnikovs provenant du Congo Brazzaville étaient vendus à 100.000 F CFA la pièce. Et qu’une autre en provenance de RCA coûtait moitié prix. Et selon nos sources, les prix n’ont pas changé depuis lors. Bien au contraire.

16avril
Lire aussi dans la rubrique SOCIETE
Vidéo
;