Cameroun – Sa Majesté Semouya Lucky : « Les Banen ne m´ont pas compris » :: CAMEROON

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Malgré l´immense succès de son premier album « Mukenda Pipu » qui le révèle au grand public dans les années 80 au Cameroun, Sa Majesté Semouya Lucky, artiste-musicien, s´est toujours senti incompris par les siens. Un véritable paradoxe qui va obliger ce pionnier de la musique moderne en langue Tunen, à prendre une longue retraite sabbatique en 2006, au moment même où il s´apprêtait á commettre un 4ème album sur le marché discographique.

Mais où était-il donc passé depuis lors ? Qu´est-il devenu ? De nombreuses questions et bien d´autres que ses nombreux fans se sont toujours posés. Il a décidé aujourd´hui de rompre le silence et d´annoncer la sortie prochaine de son nouvel album, "une galette musicale méticuleusement bien bâtie", indique-t-il à notre reporter dans un quartier de la capitale camerounaise.

Oú est passé l´artiste-musicien Semouya Lucky depuis 2006 ?
Je me suis replié dans le showbiz. J’accompagne des gens dans les mariages, je travaille en studio avec quelques artistes, etc..

Quels sont les artistes Banen que le pionnier de la chanson banen a encadrés jusqu´ici ?
À mon actif, j’ai déjà arrangé 4 Albums d’autres artistes. 2 albums avec DIBA la symbiose, 1 album avec KOUBE Jeannette et 1 album en ce moment avec PIPO Jean Calvin

Quel est votre regard sur le paysage musical camerounais et quel conseil à la jeunesse ?
Le contexte actuel épouse aussi le temps. Je ne peux pas voir la musique aujourd’hui comme celle d’hier. Hier, l’on avait des artistes engagés. Aujourd’hui il y a des artistes engagés qui ajoutent l’ambiance dancing dans leurs albums ; ils jouent sur le rythme. Cela fait deux époques différentes. Je dois aussi ajouter que j’ai l’impression que les artistes Banens sont entrés dans la musique sans véritable « formation ». Ils sont tellement agités et ne demandent pas conseils. Vous écouterez l’album de PIPO Jean Calvin qui arrive et vous verrez la différence avec les autres.Je ne me vante pas, mais je suis sûr que je reste une bibliothèque dans la mesure où je peux donner mon savoir à plusieurs jeunes artistes pour leur permettre de progresser très vite. Lorsque j’apprenais la musique je recopiais les cours en langue « Tunen » ou « Banen » si vous voulez. Je me suis donc frayé ce chemin pour baliser le sentier pour les autres.

Parlez nous de vos débuts dans la musique ? 
J’exerce depuis 1972 pratiquement et je travaille en solo depuis 1984. J’ai 4 albums sur le marché. Mais j’ai travaillé avec plusieurs orchestres à Yaoundé avant de prendre mon envol. Mon premier album en 1984 avait pour titre « Mukenda Pipu ». Premier disque dans la contrée Banen. Il a eu un très grand succès et sera tiré en disque vinyle. Cela a fait découvrir la langue banen. Mon deuxième album en 1999. Avec pour titre OWAM a aussi connu un très grand succès. 

Pourquoi avoir attendu autant d’années pour sortir le deuxième album ?
Le musicien travaille. Il essaye souvent de savoir si son message est passé.  Il prend le temps de voir si ce qu’il a dit a eu un effet sur la cible avant de se relancer.
Mon troisième album sort en 2003. Le titre « Messeuk » est produit à 5000 disques pressés. Mais je ne connais pas le nombre d’albums vendus parce qu´ à peine le disque sorti, j’ai eu des problèmes  avec le producteur. Ce producteur ne sachant pas comment cela se passe, a confisqué tout le produit et a diligenté la vente sans me donner le compte rendu.Le quatrième album est prêt depuis 2006 mais n’est jamais sorti. Lorsque j’ai fini de le travailler j’ai remarqué qu’il y avait encore des choses à peaufiner raison pour laquelle j’ai renoncé.

Donc depuis 2006 il n’est pas sorti ?
Oui ! alors qu’il est un produit fini.

Comment se fait la promotion de vos  albums ?
Pour le premier, la promotion s’est faite à grande échelle. A l’époque, il n’y avait pas de cassettes ; seulement des disques en vinyle. Au Cameroun, mon producteur avait vendu 1000 disques. Au bénin j’ai vendu 1000 disques et au Ghana 1000 disques et à l’Etranger 1000 disques. Donc environ 4 000 disques écoulés en quelques mois, entre 1984 et 1985.

Aviez-vous perçu vos droits d´auteur à cette époque ? 
En 1984 nous étions déjà affiliés en tant qu’artistes à la SOCADRA qui était gérée par des Camerounais. Elle m’a payé une fois à hauteur des droits mécaniques à hauteur de 85 000 FCFA. Cette somme n’atteignait même pas le tiers du montant reversé lorsque la SACEM était encore aux affaires. Je suis membre de la SACEM depuis 1977. Lorsque j’adhérais, je n’avais pas encore de disque mais, pour peu que je jouais dans les radios (crochet radiophonique) et je jouais dans les bars, la SACEM me reversait en moyenne 60 000 FCFA, tous les 3 mois. Et pour vous donnez une information, la SACEM se préparait déjà à produire un des mes albums lorsque le contrat avec le Cameroun a été interrompu pour créer la SOCADRA.

Est-ce que l´élite banen vous a-t-elle soutenu dans votre carrière ?
S’il fallait compter sur l’Elite banen, c’est que je serais mort. Beaucoup d’autres personnes ont compris ma musique plus que les banen. Le banen a pris ma musique pour une arme contre le banen sans pouvoir me comprendre. Dans mon premier disque je me présente comme un solitaire qui avance sans soutien, mais qui va sûrement pour faire les choses afin de relever la Voix des Banen dans la musique. Deuxièmement j’interpelle les banen à travers mes messages, à  ne pas rester immobiles.

À quand le grand retour de l´artiste-musicien Semouya sur la scène musicale? 
A tout moment, car c’est un LION qui dort.

© Camer.be : Yannick Ebosse


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