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Les résidus des ménages qui polluent et dégradent sont paradoxalement un gisement d’activités à l’échelle industrielle.

Collecter et traiter des ordures demeure une activité mal couverte du point de vue de la totalité des intervenants que Cameroon Business Today a interrogés. A Douala par exemple où l’on produit quotidiennement au moins 1750 tonnes de déchets, l’enjeu principal de l’introduction d’acteurs concurrents au quasi-monopole d’Hysacam est d’après Martin Kemajou, le délégué régional par intérim du ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), de couvrir « la moitié de ce qu’il faut bien appeler un marché ».  

Conséquemment, cette croissance développera une filière et des capacités qui demeurent virtuelles dans la configuration actuelle du secteur. « L’ouverture est une bonne nouvelle, principalement pour le volet emplois.  Cela permettra de dynamiser, surtout au niveau des PME et très petites entreprises qui pourraient se voir affecter légalement des pans entier d’activités de collecte », confirme Thierry Nzhie, président de Performax, qui forme notamment au recyclage des ordures. Un changement auquel Hysacam, l’opérateur dominant, est parfaitement préparé et disposé. « Nous avions déjà des contrats associatifs avec des groupes de pré-collecte dans les quartiers peu accessibles ; bien que le volume de leur activité soit marginal », précise une source à la compagnie d’hygiène.  

L’or qui est caché dans les montagnes d’ordures de Douala se trouve toutefois au-delà de ce que les citadins voient en réalité. Les produits du traitement que sont le compost, le gaz revendu sont des dérivés dont les contrats de collecte actuels n’ont pas encore tenu compte, assure le délégué du Minhdu.  Le principal hic selon Thierry Nzhie, les fonds : « l’Etat n’a pas visiblement les moyens nécessaires pour garantir tous les besoins financiers de ce secteur ». A moins que, comme le prétend M. Kemajou, la plus-value tirée de la transformation compense les capitaux investis et développe des sous-produits comme le biocarburant.

« Il faut, indique finalement M.  Nzhie, spécifier les rôles en tenant compte du fait que l’équation financière évoquée plus haut n’est pas résolue ; opérer des améliorations en commençant par le tri sélectif des déchets qui pourrait relever du niveau communal et donc être très bien géré par les PME. » Tout commencerait alors par un changement de regard sur l’ordure qui est un problème alors que c’est une source de revenus. En fait, explique M.  Kemajou, il faut parvenir à faire du déchet une matière première recherchée comme ailleurs.

© CAMEROON BUSINESS TODAY : Jean Baptiste KETCHATENG

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