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CAMEROUN :: Can Total 2019 : Et si la Caf évoquait des raisons de sécurité à  la fin ? :: CAMEROON
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  • Le Jour : Achille Chountsa
  • vendredi 09 février 2018 10:11:39
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CAMEROUN :: Can Total 2019 : Et si la Caf évoquait des raisons de sécurité à  la fin ? :: CAMEROON

Tout se passe comme si, une fois le cahier de charges rempli, l’instance faîtière du foot africain pourra évoquer la crise anglophone et Boko Haram pour nous « voler » la compétition.

L’attitude d’Ahmad Ahmad, le président de la Confédération africaine de football (Caf), vis-à-vis du Cameroun, au sujet de l’organisation de la Can Total 2019, trahit une certaine in- tention. Même lorsque tout le cahier de charge sera rempli par le Cameroun, une autre raison sera mise sur la table pour justifier un (possible) retrait de l’organisation de cette  compétition. Des sources indiquent d’ailleurs que la crise en zone anglophone, notamment dans le site de Limbé, et la guerre contre la secte terroriste Boko Haram dans le   grand Nord pourront être évoquées par les dirigeants de la Caf pour voler la Can Total 2019 au Cameroun.

« Vous savez très bien qu’on a nommé un auditeur indépendant, qui a déjà fait une première visite d’inspection avec quelques experts. Ce que je peux vous dire, évidemment sans aller dans la polémique, je ne vous dirai pas ici les vrais rapports. Il y a des gens qui veulent mentir. Entre le rapport et le cahier de charges, il y a encore un déficit énorme. On demande au Cameroun de rattraper dans la mesure du possible », déclarait Ahmad Ahmad, le 2 février 2018 à Casablanca, à l’issue de la présentation du rapport de la première mission d’inspection des différents chantiers dans le cadre de la préparation de la Can Total 2019 par Cameroun. Une sortie qui n’a pas ébranlé les autorités camerounaises, conscientes et  confiantes de ce qu’il faut satisfaire au cahier de charges de la Caf dans les délais. Ce n’est qu’une première visite d’inspection sur les trois qui seront effectuées, rassure-t- on.

L’on annonce la deuxième  mission d’inspection pour le mois de mars. Et selon le règlement, la Caf ne peut prendre la décision de retirer une compétition à un pays que trois mois avant. Dans les chantiers de construction des stades de Japoma (50.000 places) à Douala et d’Olembe (60.000 places) à Yaoundé, les travaux évoluent à une bonne vitesse et à en croire  l’assurance donnée par les ingénieurs, ces ouvrages seront livrés en décembre 2018 au plus tard. « Nous avons surtout entendu parler de ce qu’il y aurait un écart considérable entre le cahier de charges et l’état des lieux actuel dans l’évolution des travaux. Ce que nous refusons dans la mesure où déjà en 2016 (Le Cameroun organisait la Can féminine de football, ndlr) nous étions à trois stades prêts. Mais, nous avons évolué entre temps avec la construction des deux stades de Douala et Yaoundé que vous connaissez très bien. Le stade de Garoua n’a pas de problème, parce qu’il est en  rénovation. Les chronogrammes sont connus. Ils établissent qu’en décembre 2018 nous devrions avoir livré nos chantiers », rassure Félix  Zogo, le président de la commission communication du  Cocan, que nous avons joint au téléphone.

« Nous avons les moyens de garantir une sécurité optimale »

Au sujet d’un éventuel subterfuge lié à la question sécuritaire que pourrait évoquer la  Caf lorsque le cahier de charges sera satisfait, le président de la Commission communication du Cocan se prononce : « Nous attendons qu’ils (les responsables de la Caf, ndlr) nous posent ce problème. Il n’existe pas de pays au monde où il y a un degré de sécurité à 100%. A moins de six mois de la Coupe du Monde, la situation sécuritaire n’est pas des plus reluisantes en Russie. Au moment où se disputait l’Euro 2016 en France, vous le savez, il y avait des foyers d’attentats terroristes un peu partout. Donc, il n’y a pas un seul pays au monde qui soit à l’abri d’une menace terroriste. Nous attendons qu’ils nous évoquent cela et puis nous leur donnerons des réponses nécessaires ».

Le Cameroun  dans son plan d’organisation de cette Can Total 2019, a pris toutes les précautions possibles sur la sécurité autour de cette compétition. L’on n’a pas attendu que ce pan de l’organisation soit évoqué pour prendre des dispositions. « D’ailleurs, qu’il y ait menace ou pas, la sécurité est une contrainte de premier plan de toute organisation. Nous avons au niveau du Comité  local d’organisation toute une Commission consacrée à la sécurité. Vous ne pouvez pas faire venir autant de gens chez vous et ne pas vous soucier de la question sécuritaire.

Les deux villes qui sont dans le Sud-Ouest, Limbe et Buea sont aujourd’hui les deux villes les plus sécurisées. Si la Can devait avoir lieu à Manfé dans le département de la Manyu, on serait encore fait de souci. Mais, je pense que nous avons les moyens de garantir une sécurité optimale sur les sites qui vont abriter la Can et bien au-delà », soutient Félix Zogo. Cette assurance n’est pas de nature à endormir les autorités camerounaises, conscientes de l’éventualité de ces réserves qui peuvent être émises par la Caf. « Nous ne sommes pas naïfs pour penser que cela ne pourrait pas arriver. On peut  rentrer dans une sorte de surenchère ou dès lors qu’on remplit les conditions du cahier de charges, au plan tech- nique, l’on nous évoque autre chose », nous confie le secrétaire général du ministère de la Communication.

77km de voirie à bitumer dans la ville de Bafoussam

Ahmad Ahmad a évoqué le manque d’infrastructures routières, sanitaires et aéroportuaires au Cameroun. La voirie urbaine de la ville de Bafoussam, de l’avis de tous, est en piteux état. L’on estime au Cameroun qu’il est trop tôt pour le président de la Caf de s’accrocher sur ce volet. «camer.be Dans une ville de moins d’un million d’habitants, on est  en train de se préparer à bitumer 77km de voirie. Vous verrez dans le journal des projets de 2018, qu’il y a 77km de voirie urbaine et environnante dans la ville de Bafoussam à bitumer avec l’éclairage public. Des instructions ont déjà été données afin que les marchés soient passés de gré à gré pour que ça aille vite. Donc, d’ici au plus tard à la fin de l’année, Bafoussam sera positivement méconnaissable, en termes de voiries urbaine. Et tant mieux pour notre pays, pour  cette ville qui a été à un moment, considérée comme la  3ème ville du  Cameroun. Bientôt, ce ne sera plus qu’un triste souvenir », a révélé Félix Zogo.

Quel que soit le bout par lequel la Caf émettra  des réserves dans l’organisation de cette Can Total 2019, elle aura des réponses du Cameroun, qui abritera la pre- mière Can à 24 équipes.

09févr.
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