Cameroun 2018: Démocratie apaisée sans Conditions de Paix :: CAMEROON

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Dans son discours de Nouvel an, le président Biya a émis le vœu que pour l'élection de 2018, tout sera fait pour que celle-ci se tienne dans la paix et la sécurité. Le CL2P demande si une élite aussi corrompue et une administration défaillante comme ce qui prévaut au Cameroun, sont réellement capables d'organiser des élections pacifiques et fiables?

La foi dans les institutions camerounaises est tellement au plus bas. La courtisanerie politique et le tribalisme triomphent comme jamais auparavant. Il y a en même temps autant de personnes en colère contre le système, qui le défient même désormais frontalement et ouvertement. Dans un tel contexte le CL2P ne sait pas comment le régime parviendra à organiser puis à se présenter aux élections, notamment dans les régions du Nord et du Sud-Ouest anglophones, sachant que ceux qu'il qualifie confusément de "terroristes" et les «prisonniers politiques» n'ont aucune intention de capituler.

Notre écosystème politique complexe est en péril.

Les « terroristes » et les « prisonniers politiques » sont stigmatisés, ostracisés et même tués. Pendant ce temps, toutes les institutions, notamment les grandes écoles telles que l'ENAM, sont peuplées uniquement d'enfants des pontes du régime. Elles ne servent ainsi plus réellement à éduquer ou civiliser, mais à renforcer des croyances préétablies et le statu quo tyrannique. Pourtant c'est à tous ces tristes personnages à qui incombe de trouver en urgence des solutions aux problèmes auxquels est confronté le pays. En réalité ils n'ont aucune idée de ce qui s'y passe. Et même s'ils y parviennent par miracle, notamment à concocter des moyens novateurs pour améliorer les conditions désastreuses au Cameroun, ce qui est peu probable en raison de leur faible QI et de de leur train de vie princier, il est difficile de faire quoi que ce soit dans un contexte d'autocratie où en vérité la politique (entendu d'abord comme une confrontation pacifique des idées) n’a plus droit de cité.

En effet il n’existe plus de relation horizontale entre les citoyens et les compatriotes, mais entre des ennemis; où les gens conçus et assimilés à des « ennemis de l’État » doivent tous être liquidés. Dans cette logique darwinienne, seuls les sociopathes et les psychopathes parviennent à institutionnaliser la logique du pire qui règne au Cameroun en ce moment, avec la règle du vide où les «gagnants» obtiennent toujours 99% des voix et préfèrent pour ce faire «l’insurrection armée» aux insurrections politiques. Car pour eux les insurrections armées sont faciles à vaincre (grâce à une armée acquise au pouvoir en place), et permettent surtout de pérenniser opportunément sa mainmise sur le Cameroun.

Ensuite, la mise en place d'une structure nécropolitique de rente, de patronage et de cooptation politique, de prévalence des réseaux patrimonialistes et clientélistes, de privatisation et de pillages systématiques de ressources de l'État, avec des esprits formatés à l'idéologie d'extrême droite et du droit du seigneur...rendent pratiquement impossible toute perspective d'un contrat social démocratique.

De plus la personnalisation à outrance de toutes les problématiques avec son lot de conflits politiques, l'addiction aux drames et aux crimes politiques dessinent une année 2018 au cours de laquelle nous continuerons inlassablement à nous quereller entre-nous sous la bienveillance d'un régime qui tient tout un pays en otage depuis 35 ans et le considère cela comme une forme de «nouvelle normalité». En fait, depuis l'arrestation idiote de Patrice Nganang, qui nous a révélé combien les tontons macoutes du régime ne savaient même pas qui il avait enlevé puis séquestré, le Cameroun est internationalement devenu une nation paria. Il est fort à parier que les Hardliners ou faucons du régime se voudront de plus en plus fidèles à leur timonier, donc moins tolérants vis-à-vis de tout ce qu'ils considèrent comme de «l'outrage», et particulièrement virulents contre toutes les condamnations pour violations des droits de l'Homme venant notamment de l'Occident.

Bienvenu en «Démocratie apaisée »: Une « démocratie apaisée » sans conditions de paix. Une situation qui donne tout son sens à la vieille expression latine: Si vis pacem, para bellum (« Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre »). Un cliché qui peut-être un tantinet énervant appliqué à un autre environnement, mais qui au Cameroun prend tout son sens. Car les personnes en marge du système (qui espèrent secrètement de le rallier dans leur rêve camerounais) puis les apologistes du régime qui espèrent eux sept (07) autres années de «démocratie apaisée» et de richesses mal acquises, doivent prendre conscience que la parodie de «démocratie apaisée» a un coût exorbitant, en partie parce que l'élection ici ne signifie pas nécessairement la liberté.

Bien au contraire!

Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole du CL2P

English version

Cameroon 2018: Appeased Democracy with no Peaceful Condition

By Olivier Tchouaffe, PhD, Spokesman of the CL2P

In his new year address, election 2018 everything will be ensure that election happens in peace and security. The CL2P asks if a failed elite and a failed administration can actually run peaceful and secure elections?

Faith in Cameroonian institutions is at a low point. Political partisanship and shallow tribalism is high as never seen before. Indeed, there are many people angry at the system and defiant, and the CL2P does not know how the regime will manage to run election in the North and Southwest regions knowing that the “terrorists” have no intention to surrender.

Our intricate political ecosystem is in jeopardy where “terrorists” and “political prisoners” are stigmatized, ostracized and even killed. Meanwhile, all the institutions including the school systems, university and professional schools such as ENAM are stacked by followers of the regimes and no longer serve to educate or civilize but to reinforce pre-established beliefs and the status quo.

Now, these are the people in charge and task to bring solutions to the problems facing the country, however, they have no clue what is going on. Even if they did manage to concoct innovative ways to improve Cameroonian’s dire conditions, which is largely unlikely due to low IQ and lifestyle issues, it is hard to do anything in a context of autocracy and war machines where there is longer a possibility of horizontal relationship between citizen and compatriots but between enemies where people designed as “enemies of the state” have to be liquidated.

In this Darwinian’s logic, only sociopaths and psychopaths get to survive institutionalizing a logic of the worst and the rule of the void where the “winner” always gets 99% of the votes and prefer “armed insurrection” to political insurgencies because armed insurrections are easy to vanquish. Then, setting up a necropolitical structure of rent-seeking, political patronage, patrimonialism and clientelist network and privatization and pillages of resources and bodies with an ideology of excess and droit du seigneur predicated on the impossibility of a democratic social contract.

As with the personalization of every political question and conflict and his addiction to drama, in 2018, we are still going to be chasing our own tail with a regime holding the country hostage for the last 35 years as the “new normal.” As a matter of fact, since the idiotic arrest of Patrice Nganang who claims that the regime’s thugs did not even know who he was, Cameroon has now become largely a pariah nation. The Hardliners of the regime will be more and more loyal and far less responsive to Western and human right outrage and condemnation. So much so for the “Appeased democracy.”

An “appeased democracy” with no peaceful condition. A situation giving all his sense to the Latin’s old expression: Si vis pacem, para bellum (“If you want peace, prepare for war”). A cliché, and possibly an annoying one, but no less true for Cameroon. Hence, people who sit on the sideline and the regime’s apologists hoping for seven more years of “appeased democracy” have to be aware that “appeased democracy’ is not free and election does not mean freedom.

© Correspondance : Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole Du CL2P


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