CAMEROUN :: Et si les députés SDF subissaient des pressions :: CAMEROON

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L’absence de l’honorable Joseph Wirba des travaux en cours à l’hémicycle depuis le début de la session, est l’une des raisons qui semble confirmer cette hypothèse.

Une foule visiblement rouge de colère, brandissant des pancartes sur lesquels sont portés des messages à la fois menaçant et injonctif : « ne retournez plus à Yaoundé. Vous ne pouvez pas vous asseoir avec ceux qui nous tuent. S’il est vrai que vous représentez votre peuple alors, restez à Jakiri. Nous vous avons envoyé à Yaoundé, maintenant nous exigeons votre retour ».

La scène se déroule à Jakiri, village  situé dans la région du Nord-Ouest, le 11 novembre 2017 au domicile du député du Social Democratic Front, Joseph Wirba. Réponse du berger à la bergère, l’honorable répliquera en indiquant à ces populations que « si telle est votre volonté, je ne m’y rendrais pas ». Cette position est restée inchangée, tout au moins jusqu’au 1er décembre dernier. Joint au téléphone par Défis Actuels à l’effet de savoir si les actes posés par ses collègues à l’Assemblée Nationale (AN) étaient consécutives aux menaces et autres pressions subies par les députés SDF, l’honorable Joseph Wirba a affirmé péremptoirement, « je ne suis pas à Yaoundé, je suis dans mon village à Jakiri ».

En  clair, le député est absent des travaux en cours à l’AN. L’honorable a choisi de rester, comme il l’avait promis à ses populations le 11 novembre dernier, à Jakiri. Serait-il victime de séquestration de la part de ses populations ? L’honorable n’a pas souhaité s’exprimer sur la question. Mais pour certains spécialistes, ceci traduit ni plus ni moins qu’une sorte de prise d’otage. L’honorable Joseph Mbah Ndam, Viceprésident à l’Assemblée Nationale (AN) et ex-chef du groupe parlementaire, est quant à lui présent à l’AN. Joint également au téléphone par Défis Actuels, il a dit ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet avant la fin de la session de novembre. Mais l’on se souvient tout de même que le 23 septembre 2017, à la suite d’un échange avec les populations de sa ville natale et circonscription électorale de Batibo, le député Mbah Ndam annonçait en substance, qu’il ne retournerait plus à Yaoundé et donc à l’AN.

« Je pense  que d’ici le 1er octobre, cette affaire devrait être terminée. Nous devrions regarder Buea, pas Yaoundé ... Je n’en doute pas. Je suis beaucoup dans ce numéro depuis 1990 ... et c’est le point de rupture ... C’est une opinion très réfléchie. Je vous parle de Batibo, ma ville natale. Et les gens qui m’ont voté sont venus à moi. Je ne peux pas être contre les gens - mon peuple ». Le contenu de ces différentes déclarations à fait dire à certains analystes que les parlementaires SDF étaient victimes de pressions de la part de leurs populations.

Même si ceux-ci ne l’admettent pas ouvertement, la suite des évènements va démontrer le contraire. La preuve, à la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire du mois de novembre dédiée au vote du budget, le groupe parlementaire SDF est absent de l’hémicycle. L’honorable Gaston Komba, député du Rassemblement Démocratique du Peule Camerounais (Rdpc), dans la circonscription du Nkam, va, à la suite d’un échange avec ses collègues indiqué que le boycott de la cérémonie d’ouverture est la traduction de la solidarité des élus SDF à leurs collègues du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces derniers, précise le député du RDPC, disent être « séquestrés » par les populations qui menacent de s’en prendre à leur vie.

« Elles iraient même jusqu’à incendier les maisons des parlementaires si jamais ceux-ci siégeaient à l’AN », martèle l’honorable Komba. Pour d’autres analystes, l’attitude de blocus dont font montre de temps en temps les députés SDF à l’AN démontre simplement que ces élus sont otages de leurs populations et voudraient en outre leur faire savoir que leur présence à l’AN ne doit être considérée comme un acte de traîtrise. Ils entendent défendre leur cause.

© Défis Actuels : Junior Matock

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