CAMEROUN :: Me Abdoulaye Harissou : Marafa est mon ami et le restera :: CAMEROON

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Le notaire libéré dans la nuit de dimanche dernier revient sur ses conditions de détention, sa relation avec l’ancien ministre d’Etat et parle de la justice camerounaise.

Après trois ans de prison, comment avez-vous passé votre première nuit de liberté ?
Je vais vous faire un peu rire. J’ai mal dormi parce que le lit était très grand [rire]. Je ne savais plus ou me retourner parce que cela fait trois ans que je dors dans un petit lit d’une place inconfortable, avec un matelas en mousse. Donc, quand je me suis retrouvé dans le grand lit, j’étais tellement émerveillé et je ne savais plus de quel côté je devais me coucher. J’ai dormi environ trois heures avant l’heure de la prière et j’ai eu tellement des coups de fil que je n’ai plus pu dormir.

Où avez-vous passé cette nuit ?
J’ai dormi chez mon meilleur ami. Je n’ai pas de domicile à Yaoundé. Toute ma famille est à Maroua. J’avais mes habitudes à l’hôtel Franco à Yaoundé.

Quelles sont les premières personnes que vous avez rencontrées après votre libération ?
Il faut que je souligne qu’avant que je ne sorte, l’information avait déjà circulé peut-être par les gardiens. Tout le monde savait que j’allais sortir avant que je n’arrive chez mon ami. Il est le seul que j’ai appelé à l’aide du téléphone d’un gardien de prison pour lui dire que j’arrivais. Lui aussi, il a appelé d’autres amis. Vers 23h, nous étions six à dix amis en train de parler de ma libération.

Avez-vous déjà échangé avec votre femme et vos enfants ?
Oui, j’ai échangé avec ma fille. Vous savez que ma fille est mariée à Paris en France. Elle a accouché d’une fille cela fait à peine un mois et mon épouse est là-bas en train de lui apprendre les habitudes d’une nouvelle maman. Elles étaient extrêmement contentes. J’ai échangé avec mes deux filles qui sont à Paris, mon fils, mes amis parce que j’ai des grands amis à l’instar de la déléguée aux affaires internationales de l’association de notre notariat francophone et du notariat français. Nous avons échangé et tout le monde est content. J’ai mes collègues qui sont à Cancun au Mexique. Pour le notariat international, tout le monde là-bas est également content. Ils m’ont envoyé des photos où ils sont en train d’arroser et de boire du champagne. Donc, c’était une soirée extraordinaire que je ne pourrais jamais oublier de ma vie.

De votre arrestation à Maroua il y a trois ans à votre sortie, comment avez-vous passé tout ce temps en prison ?
Evidemment, j’ai passé 30 jours à la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre). Après, j’ai été transféré au Secrétariat d’Etat à la défense (Sed). Lorsque je suis arrivé au Sed, on nous a amené au sous-sol et le colonel qui nous a reçus et qui me connait très bien n’a pas daigné me donner des conditions confortables. Il m’a emmené au soussol où il n’y avait ni toilette, ni électricité. J’étais avec Aboubakary Siddiki. Et je lui ai dit que je ne peux pas rester dans ces conditions et que si j’y reste, je vais faire une grève de la faim, je ne mangerais pas. Il a fait appeler le colonel médecin du Sed qui est venu nous examiner et qui lui a dit que nous avons raison, que nous ne pouvons pas rester détenus dans ces conditions. Ils ont pris leur temps et sont allés nettoyer la cellule où était gardé Thierry Michel Atangana. C’est là-bas qu’on nous a amenés et nous y avons passé  une semaine.

Après, on nous a transférés à la prison principale de Kondengui, le 06 octobre 2014. J’ai connu là-bas deux régisseurs. La prison principale est quand même mieux que les autres prisons parce que nous ne sommes pas nombreux. Nous sommes 140 environ. On nous a laissés la liberté. Avec beaucoup de présumés Boko Haram qu’on retrouve dans cette prison, on nous a quand même laissés la liberté religieuse. Nous priions ensemble. On m’a donné un endroit spécial où j’ai installé mes tapis pour passer mes journées. J’ai beaucoup lu le Coran. J’ai gagné deux choses en prison. Premièrement, la lecture du Coran. Je peux dire aujourd’hui que je connais le Coran. Et, deuxièmement, j’ai fait beaucoup de sport. Avant mon arrestation, j’étais entre deux avions et je n’avais pas le temps de faire le sport. Mais là, tous les deux jours, je faisais 1h15 de sport.

De mes trois ans vécus en prison, je n’ai pas lu moins de 60 livres. Dans la matinée, je faisais tout ce qui était Coran et dans l’après-midi, je lisais. Parce que dès que je voyais des livres présentés dans des émissions à la télévision française, je demandais à mes enfants et à mes amis de me les acheter et de me les envoyer. Je n’ai pas chômé en prison. Mais aujourd’hui, je suis soulagé principalement à cause des humiliations que ma famille subissait. Parce qu’on a des gardiens qui ne considéraient ni mon statut, ni mon âge. Etant donné que ma femme est à Maroua, ce sont mes belles-soeurs et ma soeur qui m’apportaient mes repas. Mais une fois sur deux, il y avait des problèmes parce que dès qu’on oublie son permis de communiquer, on vous maltraite, on vous insulte, on vous laisse au portail. Ma femme qu’ils voyaient tous les jours n’était pas autorisée à entrer sans permis. Et elle ne s’en plaignait pas devant moi. Mais, dès qu’elle ressortait, elle se mettait à pleurer une fois ayant traversé le portail. Mon plus grand plaisir, c’est de les avoir libérés de ces contraintes, de ces humiliations. Il y a beaucoup de personnalités qui venaient me voir.

Des anciens consuls, des anciens ambassadeurs, etc. Mais les gardiens n’avaient de considération pour personne. Ça c’est incroyable. Je pense qu’il y a un travail à faire dans ce sens. Voilà le premier problème. Le deuxième problème, c’est qu’on se retrouve des fois dans des situations inexplicables. On ne vous donne pas à manger, on ne vous soigne pas, on ne vous habille pas, on ne vous donne pas du savon. Mais on vous dit que vous n’avez pas droit au téléphone. Comment vous allez faire pour manger ? Vous êtes des prévenus, on ne vous a pas condamné. Comment vous allez faire pour gérer vos affaires ? J’étais encore notaire. Je n’étais pas encore mis à la retraite. C’est le tsunami dans votre chambre, on met tout sens dessus dessous sans aucun respect. On amène les gardiens qui sont en stage pour venir vous humilier et vous êtes sous-tension tout le temps.  

Avez-vous du ressentiment ?
Le ressentiment, non. Je remets tout entre les mains Dieu. Je suis musulman, donc, je crois en Allah. Combien de gens sont morts pendant que j’étais en prison ? Je ne sais pas. Il y a des gens beaucoup plus jeunes que moi qui sont morts pendant ce temps. Peut-être que si j’étais libre, j’aurais subi le même sort que certaines personnes comme Madame Soppo, la secrétaire de Marafa Hamidou Yaya dont on n’est jusqu’à présent pas arrivé à élucider l’assassinat. Peut-être que Dieu m’a envoyé en prison pour me protéger ou pour améliorer ma santé avec tout le sport que j’ai fait. Je n’ai pas de ressentiment. Mais, je ne parle pas pour moi. Je parle pour les Camerounais. Pour ceux qui sont encore en prison.

Pour ceux qui viendront encore en prison. Parce qu’il faut un minimum de respect. Il faut tenir compte des statuts des prisonniers. Il faut aussi tenir compte du fait que même toutes les lois internationales disent qu’il faut faire une différence entre les présumés et les condamnés. Or, en prison, on ne connait que des prisonniers. Les détenus sont des prisonniers. On ne fait pas la différence ni entre les prévenus, ni entre les condamnés. Ni entre les mineurs, ni entre les majeurs. Il n’y a que les femmes qui ont leur quartier. Tout le reste est mélangé. Les prisonniers des droits communs, les vrais Boko Haram (ceux qui se revendiquent de l’être, Ndlr), les faux Boko Haram (ceux qui sont accusés de l’être, Ndlr), les mineurs. Mais c’est une expérience qu’il faut vivre. J’ai tiré beaucoup de leçons durant mon passage en prison.

Vous n’avez pas eu peur de vous retrouver dans la même prison que des membres présumés de Boko Haram ?
Non, je n’avais pas peur. Parce que les vrais Boko Haram ne nient pas qu’ils sont des Boko Haram. Ils se demandent pourquoi on les amène tous les jours au tribunal et on les renvoie. « Nous avons reconnu que nous sommes des membres de Boko Haram. Condamnez-nous une fois pour toute. Si vous voulez nous fusiller, faites-le. Si vous voulez nous condamner à vie, faites-le », disaient-ils. Ils sont gardés à part et font leur prière à part. Ils ne la faisaient pas avec nous. Mais comme nous sommes tous des musulmans, nous avions de très bons rapports. La Croix rouge le sait.

Toutes les Organisations internationales le savent. Mais nous sommes restés en bonne intelligence, chacun dans son coin. On se respectait, on se saluait, il n’y avait pas de problème. Moi, je les taquinais de temps en temps pour leur dire qu’ils ne peuvent jamais créer un Etat, qu’ils racontent des histoires. Je n’ai pas de problème avec eux, mais, ils sont irraisonnables. Ils acceptent ce qu’ils font, ils disent qu’ils veulent être jugés, la justice a ses lenteurs. Il y en a qui ont été condamnés, d’autres, y compris les ténors, n’ont pas encore été jugés et sont en délibéré. A leur contact, on comprend un certain nombre de choses.  

Vous êtes un notaire et vous êtes officiellement à la retraite. À quoi allez-vous vous occuper maintenant ?
C’est une question intéressante puisque l’opinion publique dit qu’on a mis à la retraite 24 notaires en mai dernier à cause de moi. Je ne sais pas. Mais on peut se poser des questions puisque le feu Me Baudoin qui m’a formé et qui venait de décéder à 80 ans, Me Kack Kack, qui a plus de 75 ans, et d’autres n’étaient pas mis à la retraite. Pendant ce temps, on nous a mis à la retraite. Je suis un juriste connu dans le monde entier. J’ai travaillé. Je suis secrétaire général de la section du notariat francophone. Je suis auteur des livres à savoir « La terre, un droit humain » qui parle des problèmes fonciers en Afrique. J’ai également écrit un livre sur le titre foncier intitulé « Le titre sécurisé simplifié ».

Avant mon arrestation, je travaillais avec l’Union africaine (Ua) et l’Association des parlementaires francophones pour élaborer un projet de loi cadre qui permettrait l’accès à la propriété foncière de tout le monde, y compris les paysans. Donc, je devais aller à Addis-Abeba en Ethiopie pour participer à une réunion. Je vais continuer à travailler. J’ai écrit un livre sur l’état civil des enfants, donc, les enfants fantômes. Il y en a des millions, plus de 200 millions dans le monde. Au Nord Cameroun par exemple, il y a des enfants qui, jusqu’à présent, naissent sans actes de naissance. Vous savez l’implication qu’il y a dans la société, dans le droit, la sécurité, l’esclavage, la traite des mineurs, celle des hommes, dans l’immigration, etc. Dans ce projet, je travaille avec le  Fonds des Nations-Unies pour l’enfance (Unicef) et l’Organisation internationale de la francophonie (Oif).  

Il se dit aussi que vous êtes éleveur…
Oui, je suis un grand éleveur, je ne peux pas manquer de travail. Mais, je serais toujours au service de notre nation. Je verrai dans quelle mesure je vais aussi commencer à m’occuper des droits de l’Homme, parce que j’en ai subi sur cette question. Il faut que les plus faibles profitent de la situation que j’ai vécue. Parce que si je n’étais pas ce que je suis, je pense que je ne serais jamais ici (restaurant La Plazza, à Yaoundé, Ndlr) avec vous. C’est ma notoriété internationale et nationale qui a permis qu’aujourd’hui, je sois libéré bien que j’aie été condamné pour « non dénonciation ».

Si dès le départ on me poursuivait pour cette même infraction, j’aurais été poursuivi libre. On m’a poursuivi pour des infractions qui étaient toutes passibles de la peine de mort. Mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, Dieu est grand, Allah ne dors pas. Je ne vais pas chômer. Etant en prison, l’Union internationale des notaires m’a renouvelé mon mandat de conseiller général. L’association de notariat francophone m’a renouvelé mon mandat de secrétaire général. Ça veut dire que j’ai la confiance de mes collègues au niveau africain et au niveau international. D’ailleurs, on m’a déjà sollicité. Bientôt, je vais aller donner des cours de Master 2 sur la rédaction des actes (17.20) à l’Université de Niamey. Donc, je ne vais pas chômer. A Maroua, je vais également me rapprocher du doyen de la Faculté de droit pour voir si je peux contribuer à la formation des jeunes étudiants, avec l’expérience que j’ai acquise pendant 35 ans.

Quand est-ce que vous irez justement à Maroua ?
Demain matin (ce jour, Ndlr). J’ai ma dernière fille qui a 16 ans et qui m’y attend avec impatience. Donc, je brûle d’envie. J’ai déjà fait ma réservation. Demain dans l’après-midi Inch’Allah, je serai à Maroua.

Me, vous avez été longtemps présenté comme le notaire du ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya. Quelle relation entretenez-vous avec lui ?
C’est une bonne question. On n’est pas notaire de quelqu’un. Un notaire est un officier public, un auxiliaire de justice. Le notariat est un service public de droit qu’on rend à la population. Je ne suis pas le notaire de Marafa. Je suis l’ami de Marafa. On est « notaire » tout court. Je rends le service de droit. Marafa, c’est un ami que je connais. Et je ne peux pas vous dire quand est-ce que j’ai connu Marafa. On s’est connu tous les deux peut-être à cinq ou six ans. On a fait l’école coranique, l’école primaire et le lycée ensemble. Puis, nous sommes venus à l’université. Pendant qu’il étudiait les sciences, moi j’étudiais le droit. Il a obtenu sa licence et est allé faire pétrochimie aux Etats-Unis. Moi, je suis resté sur place au pays et j’ai fait le notariat.

Plus tard, il est rentré et a commencé à travailler à la Société nationale des hydrocarbures (Snh, Ndlr). On ne s’est jamais séparé. Donc, je ne vois pas comment je vais renier un ami d’enfance comme celui-là. Que veulent même les Camerounais ? Je ne peux pas être ce que les Camerounais veulent que tout le monde soit. Nous sommes des hommes. On doit vivre avec des principes. On ne m’a jamais vu dans un meeting du Rdpc (Rassemblement démocratique du peuple camerounais, Ndlr) avec Marafa. On ne m’a jamais vu faire une réunion politique avec lui.

On rigole, on se rappelle de notre enfance, on se chahute sans aucune retenue parce que nous sommes des amis d’enfance. Il avait besoin de gens comme moi à ses côtés ; qui ne le prennent pas pour un ministre d’Etat ou pour un futur président de la République. Mais qui le prennent pour ce qu’il est, c'est-à-dire, un ami d’enfance. Nous sommes un certain nombre qui étions avec lui. Pas seulement les personnes du Nord. Il y a des hauts responsables dans ce pays que je ne vais pas nommer. Ce sont des ministres, des ambassadeurs, ils vont se reconnaitre ; des personnes qui étaient plus à la table de Marafa que moi. Ils étaient ensemble tout le temps, ils mangeaient à midi, le soir avec Marafa. Mais aujourd’hui, personne d’entre eux ne lui rend visite. Mais qu’est-ce qu’on devient ? Je ne cherche aucun poste. Je n’ai jamais rien cherché. Je ne fais pas de la politique. Je fais mon travail de notaire aux niveaux national et international. Quand je rentre de France, je lui apporte des livres, des chocolats, des parfums pour le réconforter. Son affaire avec Biya, en quoi ça me concerne ? Je ne sais pas. Quand estce qu’il a commencé à travailler avec Biya ? Je ne sais pas comment il a fait pour entrer au Rdpc. Je ne sais comment Biya l’a apprécié pour le nommer ministre. A la fin, je ne sais pas qu’est-ce qui les a brouillés. Ça ne me regarde pas. Je sais que j’ai un ami d’enfance qui a confiance en moi et en qui j’ai confiance ; et que j’ai le devoir - en tant qu’être humain -, d’aller le réconforter dans la situation dans laquelle il se trouve. Et je le comprends mieux aujourd’hui, puisque j’ai vécu la même situation. Si je n’avais pas les amis dans le monde, ma famille et ma belle-famille qui me soutenaient, j’aurais craqué. Même si j’ai été en prison à cause de lui, je ne peux pas regretter le fait de lui rendre visite, et de lui apporter certaines choses pour son confort. Alors, des gens en ont profité pour écrire, pour dire que je gère le patrimoine de Marafa, que je suis le coordonnateur de son réseau. Je ne sais même pas si ce réseau existe. C’est un serpent de mer. Je ne le renierai jamais, il a été mon ami, il est mon ami et le restera.  

Après ce que vous venez de vivre, que pensez-vous de la justice du Cameroun en tant que notaire ?
Je pense que c’est très clair. Il y a vraiment un effort à faire. Heureusement qu’on a des avocats comme mon avocat Me Mbuny et d’autres comme Me Assira qui ne reculent pas, qui essayent de faire avancer la justice. Si je prends le cas de notre affaire, on a eu trois juges d’instruction, trois commissaires du gouvernement, trois juges. Mais pourquoi tout ça ? Le président Hiroumé avait fini la procédure. Il nous restait au maximum deux audiences. Subitement et de manière mystérieuse, il est parti. On l’a affecté à Douala. Jusqu’à présent, aucun texte ne l’enlève du tribunal militaire. Il est toujours vice-président du tribunal militaire de Yaoundé.

Mais il n’y va plus. Monsieur Edou est venu ; heureusement qu’il a suivi ses pas et a accéléré. Je l’ai remercié à la fin de l’audience pour cela, bien qu’il ne soit pas allé jusqu’au bout de sa logique pour me déclarer non coupable. Il n’avait peut-être pas les épaules assez solides. Mais on peut lui tirer le chapeau parce que ça a avancé. C’est des jeunes magistrats comme lui qui peuvent faire avancer la justice. Même la présidente qui est l’épouse du patron de la Dgre n’a pas été complaisante dans cette affaire jusqu’à un certain niveau. Puisqu’elle-même s’est récusée quand les avocats sont allés la rencontrer pour lui dire qu’il y a un conflit d’intérêt :

« Vous ne pouvez pas être présidente et juger cette affaire alors que tout vient de la Dgre dirigée par votre mari », l’ont-ils menacée. Elle s’est ensuite désistée et a désigné Hiroumé. Donc, aujourd’hui, on ne peut pas dire que la justice camerounaise est indépendante. Mais il faut que les gens comprennent que la justice est le dernier recours du citoyen. Et dans un pays où il n’y a pas de justice, rien ne peut marcher, personne ne peut venir y investir. Personne non plus ne peut faire confiance à un pays où il n’y a pas de justice. Et la justice ne peut pas devenir une arène où on règle les comptes.

Elle doit être neutre, impartiale, incolore, inodore. Quand vous voyez toutes les décisions de la justice camerounaise qui sont annulées par les instances internationales de droit comme la Commission des droits de l’homme de l’Organisation des nations-unies (Onu) à Genève, l’Ua qui les déboutent à toutes les décisions, ce n’est pas normal puisque nous avons la matière humaine au Cameroun. Nous avons de très bons magistrats, de très bons avocats, nous avons les meilleurs en Afrique. Donc, on ne devrait pas édulcorer l’image du Cameroun comme ça, alors que nous avons la ressource humaine qu’il faut pour que la justice indépendante soit bien rendue. Malheureusement, pour le moment, ce n’est pas le cas. Mais il y a espoir parce qu’il y a Me Harissou et son avocat, Me Mbuny. des balbutiements. 

© Source : Mutations : Jean De Dieu Bidias Et Josiane Afom

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