Cameroun, Dr Léopold Henri MATA-NJEM : « Nous avons appris à gérer un district de santé dans des conditions de pénurie » :: CAMEROON

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Le district de santé de Bafang, créé dans la première vague des districts de santé au Cameroun en 1995, évolue tant bien que mal, en dépit des problèmes auxquels font face quotidiennement les responsables. Dans un entretien à bâton rompu, Dr Léopold MATA-NJEM parle du district de santé dont il a la charge depuis trois ans

Dr Léopold Henri MATA-NJEM, vous êtes à la tête du district de santé de Bafang depuis trois ans. Pouvez-vous nous présenter ce district de santé dont vous avez la charge ?

Merci de l’opportunité que vous me donnez de parler du district de santé de Bafang que ma modeste personne dirige depuis bientôt 3 ans. En fait c’est un district qui a été créé dans la première vague des districts de santé en 1995. J’y étais nommé comme chef en Avril 2015. C’est un district qui couvre quatre Arrondissements : Bafang, Bana, Banka et Bakou. Neuf aires de santé actuellement mais deux autres ont été créées et qui seront fonctionnelles à partir de Janvier 2018. Nous avons 32 formations sanitaires dont un hôpital de district public, un hôpital de district assimilé, des formations sanitaires publiques et privées. Nous avons un CMA à Bana, un CMA à Bakou, deux morgues dont une privée.

Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés au quotidien dans l’exercice de vos mission dans ce district de santé ?

Les problèmes que nous rencontrons sont les mêmes problèmes dans toutes les unités sanitaires à la base, c'est-à-dire, une pénurie criarde de personnels de santé. Vous savez depuis quelques années le recrutement se fait à compte-goutte. Ce qui fait que nous avons certaines formations sanitaires qui n’ont pas de personnels, dont dirigés par des personnels communautaires, certes sortis des écoles. Nous avons les hôpitaux de district et les centres médicaux d’Arrondissements qui fonctionnent avec un effectif réduit. L’autre problème que nous rencontrons c’est celui des équipements. Nous avons la chance que la majorité des formations sanitaires soit construite, mais les équipements médicaux et en matériels de bureaux font encore un peu défaut. Nous avons là une menace que je vais citer : c’est l’enclavement. L’état des routes en périodes de pluies nous cause des problèmes dans l’accomplissement de nos différentes tâches, à savoir les stratégies avancées de vaccination, la campagne de distribution de mectizan, les visites domiciliaires dans les aires de santé. Quand il ya l’enclavement, quand les formations sanitaires ne sont pas dotées de moyens de locomotion, vous comprenez que c’est quand-même assez difficile. Je vais aussi vous dire que le district de santé en lui-même n’a pas de véhicule de service, pas d’ambulance. Mais nous faisons avec. S’il fallait juger notre district de santé par les performances, je crois que personne ne tiendrait compte des problèmes que je viens d’énumérer, parce qu’à bien voir, les performances, que ce soit en vaccination, que ce soit en prise en charge des personnes vivant avec le Vih/Sida, la prévention de la transmission du Vih de la mère à l’enfant, la lutte contre la tuberculose, la lutte contre l’onchocercose…tout se passe très bien ici. Et la collaboration avec nos partenaires qui sont de la communauté est à mon avis excellente. Nous bénéficions de l’appui des autorités administratives, traditionnelles et religieuses dans l’accomplissement de nos tâches. Je vais vous dire que le vivre-ensemble y est, la cohésion sociale avec les formations sanitaires, publiques comme privées est parfaite. Nous tenons des réunions de coordination mensuelles et la communauté participe activement aux activités de santé.C’est pour moi l’occasion de leur dire un grand merci et d’oser croire que cette collaboration ira grandissante

Quelles en sont les mesures palliatives pour apporter une solution à ce chapelet de problèmes dont vous venez de faire mention ?

Nous avons appris à gérer un district de santé dans des conditions de pénurie, c'est-à-dire toutes les formations sanitaires n’ont pas de moyens de locomotion. Alors quand une activité sanitaire est dans une formation qui n’a pas de moto, nous prenons la moto où elle existe et nous l’affectons momentanément à la formation sanitaire qui va mener l’activité. Pour le moment ça marche. Nous avons aussi avec l’aide de la communauté, ceux qui sont motivés au niveau des comités de gestion, ça fait en sorte que les formations qui ne sont pas dotées de personnels fonctionnent réellement. Et pour d’autres activités, les membres de la communauté qui travaillent sous un principe de bénévolat sont très actifs. En bref, nous faisons beaucoup avec le peu de moyen que nous avons et c’est aussi l’occasion de remercier les institutions de la République qui certes, ne font pas tout à 100%, mais nous ne pouvons pas dire que nous sommes un district de santé purement démuni. On pense à nous. Les structures sanitaires sont grandes, on a commencé par construire, l’équipement vient petit à petit et, je vais dire comme avait dit quelqu’un « paris n’a pas été construit en un jour ». Alors le district de santé de Bafang évolue tout doucement.

Quelles sont vos Relations avec la délégation régionale de la santé dans vos missions ?

La délégation régionale de la santé qui représente le niveau intermédiaire dans la pyramide sanitaire de notre pays joue réellement son rôle. Le rôle d’appui à la mise en œuvre des différentes activités. La délégation est toujours présente chaque fois qu’elle est sollicitée à des programmes prioritaires que nous menons ici. Les différents responsables des programmes de santé sont toujours à nos côtés chaque fois que nous avons besoin d’eux, ils font des supervisions ici et je vais aussi dire que la majorité des problèmes qui sont réglées ici se fait avec le concours de la délégation régionale. C’est notre hiérarchie technique, et nous en sommes fiers. Nous déplorons aussi le fait qu’eux-mêmes ne sont pas toujours dotés en équipements et en matériels pour nous venir en aide. Mais ils font ce qu’ils peuvent pour que les activités ne soient pas menées à la traine.

A notre arrivée, vos portes étaient grandement ouvertes pour dit-on, une formation des Osc de santé. Qu’est ce qui vous lie concrètement à cette plateforme et pourquoi votre implication effective ?

Permettez déjà que je vous dise que je souscris parfaitement à l’aphorisme qui dit : « Ce qui se fait pour nous mais sans nous peut être considéré comme contre nous ». La santé des populations est faite pour les populations. C’est pour ça qu’il faut associer les populations à la base. Nous avons compris très tôt qu’il fallait associer les populations pour que nos activités soient bien menées. Voilà pourquoi chaque fois que les activités de santé doivent être menées notre district de santé, nous faisons appel à nos partenaires de la communauté. Cette fois ci, parce qu’il fallait recenser les organisations de la société civile qui œuvrent pour la santé. Nous leur avons fait appel et ils sont venus assez nombreux, ce qui prouve que l’activité sera bien menée. Ils sont d’ailleurs beaucoup sollicités ces derniers temps, vous savez en fin d’année c’est la période de planification pour qu’en 2018 l’année commence sur de bonnes bases et que toutes les planifications soient faites avec des bases objectives et solides.

Pour terminer Dr Léopold Henri MATA-NJEM, dites-nous quels sont vos vœux pour l’avenir du district de santé de Bafang ?

Mon vœu c’est celui de pérenniser les atouts que nous avons, à savoir la bonne collaboration avec les différentes autorités, avec notre hiérarchie directe qui est la Préfecture du Haut-Nkam, une excellente collaboration avec la hiérarchie technique, la délégation régionale de la santé et que si les moyens le permettent, les différents dossiers d’équipement des formations sanitaires, de construction de clôtures et d’affectation de personnels, que le ministre de la santé voit ces dossiers avec un œil bienveillant comme d’habitude pour que le district de santé de Bafang aille réellement vers la viabilisation pour le bien-être de notre Cameroun et le vivre ensemble comme le souhaite le président de la République

© Camer.be : Entretien Réalisé Par Marcel Olivier BIHINA

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