Braises fumantes ? Quel Cameroun lègueras-tu à nos enfants après 35 ans de pouvoir ? :: CAMEROON

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Une règle et une exception marquent, de façon récurrente, chaque anniversaire de l’accession au pouvoir de Paul Biya. La règle est qu’il s’agit d’un moment d’investissements politiques sous formes à la fois de discours dithyrambiques sur le bon bilan du Renouveau National, et de soutiens granitiques à « l’homme du 6 novembre 1982 ». Cette règle est un jeu politicien qui ne profite nullement au pays et encore moins au Camerounais lambda. Il s’agit en fait d’une autoglorification d’un pouvoir qui estime qu’il ne peut être mieux servi que par lui-même. L’auto-exaltation des bienfaits du Renouveau manque de ce fait de crédibilité parce que sans portée critique et sans distance par rapport au régime, au pouvoir et à son exercice. Suivant cette règle, les « griots » disent du bien du régime dans le but de bénéficier encore plus de ses faveurs sous forme de récompense de leur fidélité comme « bons soldats du Renouveau ».

Outre la règle précédente, l’exception de ces anniversaires est de faire une comparaison radicale entre le Cameroun théorique annoncé par Paul Biya dans son projet politique, Pour libéralisme communautaire, et le Cameroun effectif en 2017. Procéder de cette façon reste une exception car c’est un investissement politique peu porteur dans un système clientéliste du sommet de l’Etat à sa base. Celui qui s’essaie à un bilan objectif du Renouveau National est un mauvais entrepreneur politique en ce sens qu’il compromet ses chances d’être appelé à « la mangeoire nationale ». Je soutiens que c’est cette passion pour « la politique du ventre » que les Camerounais doivent apprendre à combattre férocement s’ils veulent être d’une quelconque utilité à leurs pays. Un pays où ils sont libres et peuvent accéder à une vie meilleure juste parce qu’ils sont citoyens camerounais et non parce qu’ils disent du bien du régime en place, ne peut naître que si le nombre de Camerounais averses à la modalité qui consiste à « vivre le ventre plein en avalant des couleuvres » explose. Nous devons au moins travailler pour nos enfants en nous posant les bonnes questions. C’est cela que nous nous proposons de faire dans ce texte convaincu que si être au pouvoir devient juste de la jouissance sans compte à rendre et sans imputation des résultats à ceux qui l’exercent, alors nous démissionnons de notre fonction de citoyen. Elle consiste à surveiller le pouvoir, à le noter et à le juger en toute liberté, une liberté à prendre et non à attendre de quiconque.

· « Pour le Libéralisme communautaire » : la plus grande arnaque de l’histoire politique camerounaise

Lorsque, en 1982, Ahmadou Ahidjo, sans diplômes universitaires, cède la place à Paul Biya, « long crayon » de « l’école du Blanc », les Camerounais, longtemps réprimés par leur premier président sont en liesse. A la crédibilité des diplômes de Paul Biya va s’ajouter celle de son projet politique : «Pour le libéralisme communautaire ». Biya y annonce un Cameroun de rêve en plusieurs objectifs hautement fédérateurs : « Assurer une meilleure répartition de la richesse du pays entre différentes couches de la population » ; « Faire bénéficier les travailleurs de la terre des fruits de leur labeur » ; « Faire passer l’aisance matérielle d’une minorité de Camerounais à une majorité de ceux-ci » ; « Réaliser une humanité plus solidaire » ; « Créer une société politique nouvelle » ; « Une économie camerounaise au service de l’homme » ; « Développer l’humanité en l’homme »; « Restituer sa fierté et sa dignité au peuple camerounais à travers la promotion de sa culture ».

Un minimum de sérieux dans ce qu’on peut appeler le bilan du Renouveau National, exige, 35 ans après, qu’on passe en revue un à un ces objectifs en comparant, l’affichage programmatique à la réalité vécue par les Camerounais en 2017.

« Assurer une meilleure répartition de la richesse du pays entre différentes couches de la population », objectif phare de l’époque, sonne aujourd’hui comme une injure proférée à l’endroit de tous les misérables Camerounais qui, devant l’opulence insolente des caciques du pouvoir, se demandent s’ils sont tous citoyens du même pays. « Faire bénéficier les travailleurs de la terre des fruits de leur labeur » est devenu un mirage au sein d’une paysannerie et d’un

monde rural maintes fois spolié par le Renouveau National. Après la volatilisation sans traces de l’argent des paysans camerounais au sein de l’ONCPB, ces mêmes paysans ont perdu l’encadrement technique étatique dont ils étaient bénéficiaires. Ils subissent actuellement l’offensive prédatrice des dignitaires du Renouveau qui s’accaparent des terres paysannes avec l’argent détournés des caisses de l’Etat camerounais. La paysannerie dont on connait le poids dans le PIB camerounais et les effets d’entrainement dans les autres secteurs, travaille donc pour les détourneurs de deniers publics. Dès lors, « Faire passer l’aisance matérielle d’une minorité de Camerounais à une majorité de ceux-ci », autre objectif majeur du projet politique de Paul Biya, est tout simplement une pure ineptie en 2017. Ce qui s’est passé est que la minorité au pouvoir est devenue encore plus riche d’année en année quand la majorité a sombré dans un scabreux délabrement patrimonial. Par conséquent, « Créer une société politique nouvelle » a bien été effectif, mais pas dans le sens escompté. La société politique nouvelle créée par le Renouveau National est celle que le feu Charles Ateba Eyene appelait « le pays organisateur », au sens de jeu de soutiens et d’avantages entre Paul Biya et tous ceux qui gouvernent avec lui depuis 1982. D’où le renforcement d’une économie camerounaise non « au service de l’homme » comme annoncé en 1982, mais au service des hommes du Renouveau et de leurs entourages. « Développer l’humanité en l’homme » est devenu une « feymania généralisée » quand « Restituer sa fierté et sa dignité au peuple camerounais à travers la promotion de sa culture », a pris une forme artistique médiocre qui se conjugue en « coller la petite ». Une forme culturelle où l’obscénité à la Ktino ou à la Lady Ponce est « la haute culture » engendrée par le Renouveau National en 35 ans. A mon humble avis ces artistes ne sont pas à réprimander. Le faire revient à ne pas se poser les bonnes questions. La question à se poser est celle de savoir comment, après 35 ans de Renouveau National, c’est cette musique-là qui nourrit désormais son homme au Cameroun ? Qu’est-ce qui a entraîné que « les exploits du bas-ventre » deviennent le zénith de la culture camerounaise sous Biya ? Comment se fait-il que les Camerounais plébiscitent cette musique-là de la base au sommet de l’Etat ? Combien de ministres a-t-on surpris en train de se trémousser à tout rompre sur « coller la petite » ? Combien de fois la première dame a jeté des fleurs à Ktino en cautionnant ainsi ses ébranlements de fesses et autres gestes imbibés d’imaginaire sexuel ? Cette culture de l’obscénité est une forme culturelle estampillée Renouveau National car engendrée par une forme politique en place et ses conséquences dépravantes et libidinales sur les mœurs depuis 35 ans.

· La morale publique et l’Etat de droit : de la rigueur dans la gestion à l’Etat carcéral

Le projet politique de Paul Biya renforce son statut de plus grande arnaque politique de l’histoire du Cameroun lorsqu’on analyse les résultats concrets de son opérateur symbolique de 1982 : la moralisation des comportements et la rigueur dans la gestion. Cet objectif est le cœur du Cameroun que Paul Biya vend au Camerounais une fois à la tête de l’Etat. Il met en exergue une société camerounaise intègre, vertueuse et adossée à un Etat bien géré, c’est-à-dire épris des besoins du peuple en donnant tout son sens à la res publica, la chose publique. Nous savons en 2017 que tout cela n’a été que du vent, des paroles en l’air pour séduire les Camerounais. Le régime de Paul Biya aurait effectivement appliqué la rigueur dans la gestion et promu une moralisation des comportements qu’on n’aurait pas eu l’opération épervier. Le résultat concret du Renouveau par rapport à ces objectifs sociétaux est un Etat camerounais devenu une truanderie subsaharienne de réputation mondiale. L’enrichissement illicite via le détournement de deniers publics est devenu le sport national le plus prospère au Cameroun depuis 1982. Les preuves de cette liquidation de l’Etat que le Président disait ne pas posséder en début de règne, sont subitement devenues foisonnantes une fois que Paul Biya avait son avenir politique derrière lui. Il en résulte un éloignement de de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qui fondent l’Etat de droit car le pouvoir judiciaire est transformé au Cameroun en un assureur en dernier ressort des carences de gouvernance du Renouveau.

En 2017, les Camerounais ont un Etat carcéral en lieu place d’un Etat de droit. Etat carcéral où la sanction fonctionne comme un coup d’épée dans l’eau une fois la défaite morale du Renouveau National confirmée par ses sanctions politiquement orientées : c’est Biya qui condamne, qui ne condamne pas, qui gracie et qui dicte quand on accélère les arrestations et quand on les ralenties ! Dans de nombreux domaines l’avenir du Cameroun se jouent en ce moment entre ceux qui, tombés en disgrâce, sont pris au piège de l’Etat carcéral, et ceux qui, toujours en bonnes grâces, veulent perpétuer « le Biyaïsme après Biya ». Les dégâts sur la jeunesse camerounaise sont énormes. Il suffit de discuter avec quelques jeunes pour se rendre compte que leurs aînés ont fait des émules dans la médiocrité et la mal gouvernance. Le rêve des jeunes est de s’enrichir le plus vite possible en reproduisant ce que le Biyaïsme a installé comme meilleur canal d’enrichissement : le détournement de deniers publics. L’excellence, l’effort et le travail n’ont plus pignon sur rue dans leurs objectifs. Ce qui compte, c’est prendre sa part du « gâteau » dans une pétaudière où les resquilleurs d’aujourd’hui seront les classes dominantes du Cameroun de demain : une prime au vol ! Comment sortir de la tête de la jeunesse camerounaise le sentiment bien installé que travailler, faire des études et être excellent dans son domaine ne servent à rien au Cameroun ? Que c’est piller l’Etat la voie royale vers une vie réussie ? Les dégâts moraux et culturels du Renouveau sont énormes et seront durables dans l’avenir du pays parce que la jeunesse camerounaise est contaminée.

· La démocratie : le complexe du salvateur, le mépris de ses compatriotes et la répression

Concernant la démocratie, partons, une fois de plus, question d’être crédible, de « Pour le Libéralisme communautaire ». Paul Biya, encore dans une grande religiosité démocratique sans foi démocratique, y écrit à la page 39 : « L’idéal démocratique a une valeur universelle ; il trouve son fondement dans l’attachement indéfectible et congénital de l’homme à la liberté. Cette liberté est comprise (…) comme la possibilité de poser des actes quotidiens dans la limite de ce qui ne nuit pas à autrui. Elle favorise le développement des idées, de la recherche scientifique et technique, des arts et constitue de ce fait un indéniable facteur de progrès ». Cette exubérance démocratique du Biyaïsme lexical et déclamatoire va s’évanouir dans les faits à travers trois phénomènes qui caractérisent le Biyaïsme effectif : la contradiction permanente avec ses engagements ; le mépris des Camerounais qui revendiquent la démocratie ; la répression sanglantes de nombreuses manifestations.

La contradiction la plus marquante entre les intentions et les faits apparait suite aux revendications du multipartisme de 1990. Dans un discours enflammé, Paul Biya commence à mettre un bémol à ses engagements démocratiques via ces mots : « Des profondeurs du pays, toutes forces vives de la nation confondues, vous avez, une fois de plus, exprimé massivement et spontanément votre adhésion et votre soutien aux idéaux du renouveau (…). J’ai compris que, fidèles à vous-mêmes, vous avez rejeté sans équivoque, les modèles et formules importés de l’étranger. Vous avez renouvelé solennellement votre conviction que notre grand parti national le RDPC, demeure le creuset de l’unité nationale, en même temps que l’école par excellence de la démocratie camerounaise. ». Depuis ce moment, Paul Biya se présente comme celui qui aura apporté la démocratie au Cameroun. Tous ceux qui, depuis 1990, ont revendiqué la démocratie ont été affublés des noms les plus ignobles qui puissent exister. Pour le Renouveau National les Camerounais et les Camerounaises qui revendiquèrent la démocratie en 1990 étaient « des vandales », « des marchands d’illusions », « des politiciens aux abois », « des oiseaux de mauvais augure », « des prophètes de malheur » et « des apôtres du désordres » quand les jeunes qui descendirent dans la rue en février 2008 étaient « des apprentis sorciers ». Une fois cette dévalorisation définitionnelle mise sur la place publique par le discours de l’homme le plus puissant du Cameroun, les forces de l’ordre interviennent très souvent via des tirs à balles réelles. Ces dernières ne tuent donc plus des Camerounais mais bien « des apprentis sorciers », « des vandales », « des marchands d’illusions », « des politiciens aux abois », « des oiseaux de mauvais augure », « des prophètes de malheur » et « des apôtres du désordres », autant de « choses » qui infectent le royaume du Renouveau. Les jeunes de 2008 ont connu ce sort comme d’autres jeunes d’expression anglaise.

Qui pouvait, avec l’enthousiasme de 1982, imaginer que les manifestants camerounais allaient se faire tirer dessus à balles réelles sous Renouveau National ? Qui pouvait, en 1982, penser que l’autorisation de manifester allait devenir une exception et l’interdiction une règle automatique ? Qui aurait pu imaginer que, sous Biya, des forces de l’ordre camerounaises allaient tuer des Camerounais, sans aucune poursuite à leur encontre ? C’est pourtant le cas en 2017.

· L’économie de la calebasse trouée : l’ajustement structurel après l’ajustement structurel

Monsieur Paul Biya a hérité d’un Cameroun en pleine croissance économique. Le Cameroun a un taux de croissance à prix constants de de 8 % dans la période 1962-1963 à 1969-1970, de 3,4 % dans la période 1969-1970 à 1975-1976 et de 7,8 % dans la période1975-1976 à 1983-1984. Biya qui arrive au pouvoir en 1982 n’y est donc pour rien car c’est la dynamique Ahidjo qui continue. En 1987, l’homme du 6 novembre annonce pourtant que le pays est en faillite. Il doit cesser d’être « une vache à lait », les Camerounais doivent se retrousser les manches. Dévaluation, privatisations, deux baisses de salaires, déflation de la fonction publique, faillites bancaires successives et explosion de la dette extérieure ont fait passer le Cameroun de Pays à revenus intermédiaires à pays pauvre très endetté. Dégringolade qu’a fêtée le Renouveau arguant que cela donnait de nouveaux avantages financiers aux pays auprès des instances internationales. Mais voilà que l’ajustement structurel revient au Cameroun en 2017 alors que l’émergence est annoncée en 2035 en volant la vedette à des grandes réalisations ayant elles-mêmes tué dans l’œuf les grandes ambitions. On peut se demander de qui se moque le Renouveau National lorsqu’il parle d’émergence économique en 2035 alors que les Camerounais n’ont même pas encore accès à l’eau potable et à l’électricité de façon continue. Ce qui est cependant effectif après 35 ans de Renouveau National c’est l’émergence d’une misère grandissante au Cameroun, l’émergence d’une élite qui roule sur l’or, l’émergence d’un Etat carcéral et l’émergence d’une dictature politique qui se préoccupe de sa continuité depuis 35 ans et non du bien-être des camerounais. Ceux qui parlent d’émergence alors que notre pays est sous ajustement structurel ne semblent pas savoir l’antinomie dirimante qui existe entre ces deux concepts et les deux réalités économiques qu’ils traduisent : Que cela soit dit et connu une fois pour toutes, l’ajustement structurel est tout le contraire d’une politique d’émergence économique ! Mais le Cameroun étant le Cameroun, aller d’ajustement structurel en ajustement structurel est pour le pouvoir la voie royale vers l’émergence économique. Cela témoigne pourtant d’un infernal cercle vicieux qui signe la faillite économique du Renouveau National après 35 ans de navigation à vue. Si on y ajoute le fardeau de la dette, les générations futures sont celles qui, sans en avoir bénéficié des bienfaits, se chargeront de rembourser la dette contractée par le Renouveau National.

· La sécurité de l’Etat et l’unité nationale : des braises fumantes pour demain ?

« Le Cameroun sera uni ou ne le sera pas » et « tant que Yaoundé respire le Cameroun vit » sont deux phrases authentiques de Paul Biya. Elles sonnent aujourd’hui lourdement dans un pays où la question anglophone est de nouveau sur la table. Au lieu de remettre sans cesse à l’ouvrage le travail politique sur l’unité nationale, Paul Biya a distillé le doute sur son engagement sur l’unité nationale à travers ces deux phrases qui, non seulement laissent la porte ouverte à la dislocation de l’unité nationale, mais aussi à la dissipation du sentiment d’égalité entre Camerounais. La respiration de Yaoundé était-elle représentative du bien-être du Cameroun tout entier ? La question anglophone qui met en péril l’unité nationale est la preuve, en 2017, que le régime Biya a passé son temps à faire du bricolage politique pour se maintenir au pouvoir

en veillant uniquement à ce que Yaoundé continue de respirer, en oubliant que le pays ne peut tenir la course de son développement que si son souffle est profond et long, parce que riche de toutes ses régions, de tous ses fils et de toutes ses filles. Des années de médiocrité politique consistant, soit à mettre sous le tapis les problèmes réels de nos compatriotes anglophones, soit à nommer des élites anglophones pour ne pas parler desdits problèmes et diviser, soit à les mépriser purement et simplement, explosent aujourd’hui à la figure du Cameroun. Paul Biya dont l’avenir politique est derrière s’apprête donc à laisser à nos enfants un Cameroun à l’unité nationale foncièrement compromise. Le problème qui se pose peut pourtant être résolu avec une décentralisation démocratique, solidaire et concurrentielle, seule capable de donner le pouvoir à des entités particulières pour s’autogouverner.

Si la question anglophone se pose depuis 1961, l’instabilité du pays qu’elle induit rejoint celle qu’entretient Boko Haram pour construire un effet ciseau sur la sécurité du pays désormais en péril. Les territoires d’actions de Boko Haram, sa porosité avec le grand banditisme dont les tristement célèbres coupeurs de route, sont aussi des preuves d’une faillite de la politique sécuritaire de l’Etat camerounais. Il faut le dire, le Cameroun est désormais en guerre civile. Celle-ci n’est rien d’autre que le point du plus grand désordre et la plus grande hostilité intérieure. Une guerre civile est en place lorsqu’une armée régulière combat un groupe armé dont certains des membres sont des citoyens du pays attaqué. Elle est un seuil de d’éclatement et de dislocations de l’Etat comme le montre les revendications sécessionnistes actuelles dans notre pays. Ces dégâts pathologiques de l’unité nationale et de la sécurité nationale renseignent sur l’état réel du Cameroun 35 ans de Renouveau National après. Qui peut espérer un crédit d’objectivité en soutenant qu’après 35 ans de pouvoir le Renouveau National n’est pour rien dans l’éclatement de la crise anglophone ? Qui peut rester crédible en affirmant que 35 ans de pouvoir après le Renouveau National n’est pour rien dans l’insécurité qui gagne le Cameroun en 2017 ?

Paul Biya est arrivé à la tête d’un pays en pleine croissance économique, à l’unité nationale stabilisée et à la sécurité intérieure au beau fixe. Les quelques lignes ci-dessus examinent ce que son œuvre lèguera aux générations futures : une escroquerie politique historique ; la trahison de sa promesse démocratique ; une économie de la calebasse trouée ; une unité nationale hautement compromise, un Etat carcéral et une sécurité intérieure en lambeaux.

*Thierry Amougou, macro économiste hétérodoxe du développement, Pr. Université catholique de Louvain. Fondateur et Animateur du CRESPOL, Cercle de Réflexions Economiques, Sociales et Politiques. Contact : patimayele@hotamail.com

© Correspondance : Thierry Amougou, Macro économiste Hétérodoxe Du Développement

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