Le Cameroun sous le joug colonial : l’heure des choix a sonné :: CAMEROON
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Les crises sont partie intégrante de la vie des communautés humaines, mais c’est la gestion de ces crises qui permet de distinguer les communautés qui vont évoluer pour devenir de grands peuples, de celles qui vont dégénérer en des peuplades moribondes. Et le Cameroun est exactement à cette croisée de chemin.

Le Cameroun fait face aujourd’hui à une situation communément appelée « crise anglophone », mais qui en vérité est plus vaste que ce cadre étroit dans lequel beaucoup d’acteurs le confinent. Le vrai problème est que le Cameroun, comme entité coloniale a atteint l’étape finale de son processus colonial, et doit l’assumer comme d’autres pays avant lui. Le Cameroun n’est ni le premier ni le dernier pays qui aura à liquider son héritage colonial. Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Vietnam et bien d’autres sont passés par là. Même l’Allemagne, bien que son cas soit un peu différent, a eu à surmonter les épreuves difficiles que posait le problème de sa réunification.

Dans la gestion de cette « crise camerounaise », les femmes et hommes de bonne foi doivent faire preuve de beaucoup de recul, d’honnêteté, d’ouverture d’esprit, et de franchise. C’est ce que moi-même en tant qu’auteur de cet article m’engage à faire. Dans ma démarche, je poserai un certain nombre de questions auxquelles j’essayerai d’apporter des réponses candides.

C’est quoi le Cameroun tel que nous le connaissons aujourd’hui ?

Le Cameroun a été une fabrication coloniale depuis la domination allemande jusqu’à sa forme étatique d’aujourd’hui en passant par sa mise sous tutelle française et anglaise. En tant que tel, cette fabrication coloniale a déstabilisé et désorganisé un ensemble de « pays » et de royaumes qui évoluaient paisiblement et en bonne intelligence dans cet espace géographique. Ce processus de colonisation a viré du pouvoir les chefs légitimes, détruit les institutions acceptées par les différents peuples et entités culturelles, pour imposer à ces populations une administration d’imposture, et des formes d’Etats artificiels.

La question à laquelle nous devons répondre aujourd’hui est comment voulons-nous organiser le vivre ensemble de ces entités culturelles dans cet espace géographique ?

Avant de répondre à cette question, certaines précisions s’imposent, et la présentation des thèses s’invite.

De prime abord, je trouve la théorie selon laquelle le nom Cameroun viendrait des navigateurs portugais farfelue. Le sigle KMR me parait très proche de KMT, car les glissements linguistiques du « T » au « R » sont légions. Nos chercheurs devraient étudier cette question de façon sérieuse. Je pense pour ma part que nos ancêtres ont clairement dit aux premiers Européens avec qui ils sont rentrés en contact qu’ils étaient des KMR ou KMT c’est-à-dire des Kamites ou Kemites.

Il y a probablement déjà manipulation dans l’origine du nom du pays. Et ce n’en est pas la seule embrouille. Comme résultat de cette confusion et surtout du Coup d’Etat colonial qui a renversé les chefs légitimes, deux thèses sur la forme de l’Etat s’affrontent aujourd’hui, l’une défendant la perpétuation du colonialisme et l’autre, son éradication.

Parmi les défenseurs du colonialisme, l’on retrouve de fait les adeptes de la République « Unie » du Cameroun, ceux de la République Fédérale à deux Etats, et les séparatistes du pseudo Etat de l’Ambazonie. En effet tous défendent d’une manière ou d’une autre le prolongement de la domination coloniale.

Ceux qui sont pour l’éradication pensent que la modernité étant immanente à toute culture, il n’est nul besoin d’emprunter des modèles sociologiques étrangers pour progresser. Selon eux, un peuple ne peut se déployer et s’épanouir que sur la base de ses propres modèles qui tiennent compte de sa culture et de sa trajectoire historique singulière comme peuple, et non se fonder sur des accidents de l’histoire.

La question est donc de savoir si nous allons nous engager dans un débat qui s’inscrit et se confine dans la perpétuation de la colonisation comme cela semble être le cas jusqu’à présent, ou alors si nous allons amorcer notre sortie définitive de cette prison culturelle en posant les bases de la liquidation de l’héritage colonial une fois pour toutes.

Le choix que nous ferons en tant que peuple à propos du genre de débat à engager est lourd de conséquences. En effet, le modèle que nous choisissons prédétermine notre mode d’organisation sociale, car une société bien organisée se bâtit autour de regroupement culturellement homogènes.

Si le premier choix triomphe, c’est que nous donnons la primauté aux cultures et à la configuration coloniale sur une répartition culturelle naturelle. Alors nous devons en tirer toutes les conséquences. La première est que, dans une telle configuration, les ensembles homogènes à prendre en considération sont les deux Cameroun, à savoir le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone. Dans un tel cas de figure, le débat sur le fédéralisme à deux Etats devient pertinent, et même les velléités extrêmes de la sécession la suite logique.

Si par contre nous décidons de nous débarrasser de la greffe coloniale, alors nous n’aurons pas d’autres choix que de ressusciter et de célébrer nos cultures locales, et les regroupements homogènes qui leur correspondent. Le pays sera organisé en sphères culturelles, et notre défi sera de mettre en place un nouveau contrat social qui va harmoniser notre vivre ensemble en s’appuyant sur notre vécu précolonial, tout en tenant compte de la réalité d’aujourd’hui. C’est de ce nouveau contrat social que je vais parler dans la suite, mais avant de le faire, j’aimerais dire un mot sur le tribalisme.

En effet, beaucoup de personnes brandissent l’épouvantail du tribalisme dès qu’ils entendent dire que le Cameroun est un pays constitué de plusieurs entités culturelles. Cette objection ne tient pas la route pour plusieurs raisons :

1. Le tribalisme en tant que repli identitaire n’est que la conséquence d’un manque de justice sociale, réel ou apparent.

2. L’on ne peut jamais bien s’organiser qu’en s’appuyant sur la réalité des faits, et les faits sont que nous sommes des peuples tribaux.

3. Parmi les deux alternatives homogènes précédemment citées, la seule qui soit véritablement stable est celle qui s’appuie sur les acquis précoloniaux millénaires, parce qu’elle est naturelle.

4. Même les pays européens dont nous admirons la stabilité sont administrativement organisés autour des regroupements ethniques ; cela est vrai pour les 16 landes allemandes, et pour les 22 régions de la France métropolitaine. Un bavarois de souche n’est pas un berlinois ou un westphalien, tout comme un breton de souche n’est pas un corse ou un basque.

Un Cameroun stable ne peut émerger qu’en reconnaissant les contours ethniques comme la meilleure forme d’organisation sociale. L’on ne peut pas non plus rester aveugle aux grandes mutations et migrations sociales qui ont eu lieu dans cet espace géographique. Je prône une organisation pyramidale dans laquelle les entités culturelles joueraient le rôle des régions d’aujourd’hui. Il y aura un pays Bamiléké, un pays Sawa, un pays Fan-Béti, un pays Fufulbé, un district Bamoun et j’en passe. Chaque pays aura une chambre haute composée essentiellement de dignitaires et rois autochtones, dont le rôle serait celui de la supervision et de la censure des décisions de l’exécutif. Une chambre basse et un pouvoir exécutif ouverts à tous les habitants du territoire concerné. En d’autres mots, un Fan-Béti, un Bamiléké ou un Foulbés, peut devenir maire, député, autochtones ou pas et même gouverneur du pays Sawa mais pas sénateur à moins qu’il y ait des circonstances exceptionnelles telles que, avoir vécu dans cette région depuis plusieurs générations.

Le nouveau contrat social aura à définir le contour des pouvoirs qui reviennent aux pays (ou aux régions selon les préférences dénominatives) et ceux qui reviennent au pouvoir central. Cette répartition des pouvoirs ne devrait obéir qu’à l’impératif de l’optimisation de l’idéal de justice sociale, et devrait éviter de faire plaisir à un homme ou une poignée d’hommes au détriment du reste de la population. A priori, le pouvoir central aura à jouer un rôle important dans le contrôle de la gestion des ressources, aura à charge la défense nationale et les relations diplomatiques. Mais le micro-management selon lequel, les nominations des commissaires de police, des proviseurs et des recteurs d’Universités par exemple dépendraient de Yaoundé doit prendre fin. De même, l’aberration qui consiste à appeler nos rois légitimes des auxiliaires d’administration doit cesser ; il est temps de les réhabiliter d’une certaine manière dans leur pouvoir d’où l’idée des Sénats régionaux.

Le temps presse. Si nous continuons à hésiter et à perdre du temps, des revendications du type anglophone risquent de se multiplier. Les anglophones en tant que groupe ne sont que les premiers à avoir atteint le seuil critique de tolérance des manquements de l’administration sous sa forme actuelle ; beaucoup d’autres peuples sont dans la pipe et il n’est pas exclu que plus tard, les Bassas, les Bamilékés Francophones ou les Peulhs qui se sentent ostracisés fassent des revendications similaires. Si rien ne change, l’avenir s’annonce sombre.

© Source : Paul D. Bekima Pour Le Sphinx Hebdo

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