Le Cameroun et sa diaspora : un autre cirque ? :: CAMEROON

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Yaoundé vient d’abriter le premier forum de la diaspora camerounaise. Une initiative, dit-on, du président de la République, sous « le haut patronage » de qui le premier ministre Yang Philémon a ouvert et clôturé les travaux. C’est comme si le chef de l’Etat a dit à son Pm : « Yang ! Va te débrouiller avec tes compatriotes-là. Moi, j’ai d’autres chats à fouetter. » Franchement, sous d’autres cieux, c’est le chef de l’Etat en personne qui aurait accueilli ces compatriotes pour cette première édition dont l’objectif est « la création d’une plateforme permanente de dialogue en vue de permettre à ces compatriotes de s’intégrer au développement du pays », avons-nous appris.

Je suis souvent à la fois surpris et amusé de voir l’agitation avec laquelle le gouvernement inaugure des événements banals ailleurs. C’est même une insulte d’avancer que c’est après ce forum que ces compatriotes vont « s’intégrer au développement du pays. » Des pays où ils se trouvent, nombre d’entre ces Camerounais entretiennent ceux des leurs qui croupissent dans la misère générée par un régime qui arrive à peine à payer les salaires de ceux qui ont encore le privilège d’avoir un emploi.

Le personnel de l’ancienne prestigieuse imprimerie nationale n’était-il pas en grève pour des arriérés de salaire lors de la tenue du forum de la diaspora ? Un exemple parmi tant d’autres. Alors que des Camerounais qui font des petits métiers en Europe entretiennent leurs parents ici et finissent souvent à les sortir de la paupérisation pour les rejoindre où ils sont.

Le gouvernement camerounais et ses thuriféraires ont l’habitude de vendre du vent à l’opinion, prenant cette dernière pour dupe. Souvenons-nous : les 18 et 19 mai 2010, Yaoundé a abrité la conférence internationale « Africa 21 » avec pour thème : « L’Afrique, une chance pour le monde : réalités et défis » Les 17 et 18 mai 2016, on a récidivé avec la conférence économique internationale « Investir au Cameroun, terre d’attractivités. »

Des experts de l’économie et de la finance sont venus des quatre coins du monde nous vendre des idées qui ont fait leurs preuves ailleurs. Mais nous alors ? Voici que pieds et poings enchainés, on nous traîne vers un autre plan d’ajustement structurel. Avec probablement le « points d’achèvement » - le terme est bien choisi - de la dévaluation du franc CFA d’Afrique centrale.

Que dire de cette autre grand’messe sur l’économie numérique qui a drainé du beau monde à Yaoundé il y a quelques semaines ? Le gouvernement camerounais affectionne particulièrement de grandes annonces. Dans cette logique, il a fait mousser Bimbia, cet ancien port négrier de la région du Sud-ouest. Comme il le fait avec la diaspora, le tourisme et d’autres secteurs de l’économie. Des secteurs qui ont fait et qui font toujours la force et le renom des pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est : le Ghana, le Benin, le Sénégal, le Kenya, pour ne citer que ceux-là. Dans ces pays-là, on n’a pas eu besoin de ces fora ou colloques budgétivores pour développer leurs potentialités.

Le patriotisme et l’intérêt général y sont nettement au-dessus du confort personnel des individus. Là-bas aussi, il y a, à n’en point douter, des  « des brebis galeuses » qui se sucrent au passage. Mais l’essentiel est sauf. Au Cameroun, tout revient aux fonctionnaires, presque rien aux autres. Après ces rencontres-là, les fonctionnaires s’en tirent avec des substantiels perdiemes et la boucle est bouclée. On s’attèle à un autre ballon de baudruche à proposer au chef de l’exécutif qui ne demande jamais la suite de tout ce « qui est fait jusque-là. »

« Qui ne dit mot consent », dit l’adage, peut-on conclure. Les mêmes causes produisant souvent les mêmes effets, il y a lieu de craindre que le premier forum camerounais de la diaspora s’achève comme les autres événements que je viens de rappeler. Les belles résolutions iront moisir dans les tiroirs des fonctionnaires qui n’y voient point leur intérêt personnel. « Quel est mon intérêt dans ton affaire-là ? »La question est connue de la plupart des porteurs de projets pour le Cameroun. Nationaux comme expatriés. Les intéressés finissent par ramasser leurs cliques et leurs claques pour aller « se chercher ailleurs » comme on dit prosaïquement ici.

Ça fait quoi à qui ? Il est connu de tous que l’administration camerounaise  est des plus « bureaucratiques et corruptibles » pour ne pas dire plus. On a cru à un moment que « rigueur et moralisation »venaient nettoyer ce que l’on présentait à l’époque comme des écuries d’Augias, mais qui, comparées à ce qui se vit de nos jours, n’étaient qu’un doux euphémisme. Pour moi, les dirigeants camerounais tiennent un vaste cirque avec des dompteurs, des jongleurs, des clowns et autres trapézistes qui font pleurer toute une partie du peuple au lieu de l’amuser. Au lieu de continuer à engloutir de l’argent pour des opérations aux lendemains obscurs, pourquoi ne pas fournir tout au moins les hôpitaux en équipements et médicaments nécessaires pour sauver des vies ou tout au moins soulager les misérables ?

J’ai de fortes raisons de croire que si un compatriote de n’importe quel pays venait à proposer au ministère de M. Mama Fouda le ravitaillement régulier des consommables de dialyse, au lieu de faciliter l’opération, on cherchera plutôt à lui arracher des sous au moment de payer sa facture, si le dossier ne disparait pas. Même des actions humanitaires en faveur des Camerounais sont torpillées par les fonctionnaires du renouveau. Et rien ne leur arrive. Le dernier scandale en date est la disparition de certains éléments du don en matériels médicaux offerts par Samuel Eto’o Fils à l’hôpital Laquintinie de Douala.

Ces cirques-là ne font plus recette. Il faut les arrêter. En croyant mener le peuple en bateau, le gouvernement navigue plutôt à travers gués et tourbillons. A son propre péril. Comme l’a dit Anaïs Nin : « A la racine du mensonge, se trouve l’image idéalisée que nous avons devant nous-mêmes et que nous souhaitons imposer à autrui. » Au Cameroun, ce prisme déformant ne passe plus.

© Source : Le Messager : Jacques Doo Bell

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