Brève histoire de la démocratie au Cameroun :: CAMEROON
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Ils sont nombreux les Camerounais d’aujourd’hui qui ne savent pas que notre pays a connu la démocratie avant 1991, et que, cette année qu’ils considèrent comme étant le point de départ de celle-ci dans notre pays, n’est que celle de sa réinstauration, son retour, tout simplement.

EXTRAITS

Le 21 octobre 1945 marque ainsi le début des campagnes électorales et des élections au Cameroun. Ce fut en effet la toute première fois de l’histoire de notre pays que les Camerounais avaient été appelés à choisir un représentant dans une assemblée quelconque.

Il y avait eu plusieurs candidatures «d’indigènes », c’est-à-dire de Camerounais. L’administration coloniale avait la sienne, en la personne d’un agent des PTT nommé Fouda André travaillant à la poste de Yaoundé. Le peuple avait le sien, Douala Manga Bell Alexandre.

L’administration coloniale, par le fait qu’il s’agissait de la toute première élection qu’elle organisait sur le territoire, n’avait pas pris des dispositions suffisantes pour faire battre Douala Manga Bell Alexandre. Ce dernier avait de ce fait remporté haut la main le scrutin devant Fouda André, le protégé et obligé des colons, qui ne bénéficiait que du soutien des Ewondo.

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La « démocratie coloniale ».

Il faut d'abord dire dans quelles conditions ces élections du 17 juin (1951) ont été organisées et comment elles se sont déroulées. La loi électorale est adoptée au Parlement français le 23 mai 1951. Le décret d'application est pris le 24 mai. L'arrêté de promulgation est de même date, mais ne sera porté à la connaissance du public au Cameroun que le 26, et les candidatures ne sont recevables que jusqu'au 26 mai à minuit.

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Le jour du scrutin, les autorités administrantes, profitant du fait que les mandataires des candidats n'avaient pas l'expérience voulue pour surveiller les opérations et contrôler les opérations, commirent illégalités, sur illégalités, faisant voter les incapables et les mineurs pour grossir le nombre de voix du candidat administratif. Un exemple pris sur tant d'autres illustrera ce que nous avançons ; à Douala, 1000 tirailleurs extraits de leur garnison hors de la circonscription électorale furent amenés le samedi 16 juin provenant de N'Gaoundéré (Nord-Cameroun) ils reçurent des cartes dans la nuit du 16 au 17 juin. Le 17 au matin, les 1000 tirailleurs étaient venus voter pour le candidat administratif sous la surveillance de leur commandant de compagnie.

Ils étaient en tenue kaki. L'après-midi, les mêmes tirailleurs en tenue bleue viennent voter pour le candidat administratif, toujours sous la surveillance de leur commandant de compagnie, ce qui laisse supposer que ces tirailleurs avaient reçu chacun deux cartes d'électeurs au commissariat central de police où seuls des gendarmes européens assuraient la permanence comme par hasard dans la nuit du 16 au 17 juin. Les tirailleurs ayant accompli « leur mission », prenaient le train montant vers Yaoundé le 18 juin au matin. (…) Notre recours en annulation fut rejeté …

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M. Kemajou :

Le système électoral et de savants découpages permettraient de maintenir une fiction démocratique qui ne tromperait personne, par une série de moyens simples en même temps qu’ingénieux, qui sont des entraves apportées à la propagande électorale de l’opposition jusqu’au trucage des urnes et du dépouillement, en passant par l’arrestation des candidats défavorables au gouvernement et de leurs sympathisants, les pressions directes ou indirectes sur les électeurs, les violations du secret des votes, etc., il sera appuyé par une infime minorité de citoyens, d’obtenir de confortables majorités électorales. A la limite, le système tend au régime du parti unique. Quand on sait déjà comment se déroulent les opérations électorales dans certaines régions du Cameroun, et plus particulièrement dans le Nord, il faut s’attendre au pire. On sait, par exemple, que le Lamido qui essaie de tenir tête à M. Ahidjo est menacé de destitution ou d’emprisonnement.

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« Ordonnance 62-18-OF de mars 1962, portant répression de la subversion, c’est-à-dire, de l’opposition :

Article 1 :

Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, incité à résister à l’application des lois, décrets, règlements ou ordre de l’autorité publique, sera puni d’un emprisonnement de trois mois et d’une amende de 100.000 à 1 million de francs ou l’une de ces deux peines seulement.

Article 2 :

Quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, porté atteinte au respect dû aux autorités publiques, ou incité à la haine contre le gouvernement de la République Fédérale ou des Etats fédérés ou participé à une entreprise de subversion dirigée contre les autorités et les lois de ladite République ou des Etats fédérés, ou encouragé cette subversion, sera puni d’un emprisonnement de un à cinq ans et d’une amende de 200.000 à 2 millions de francs ou l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice, s’il y a lieu, des peines plus fortes prévues par les lois et décrets en vigueur.

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«…L’unité nationale telle qu’elle est définie par certains, est un mythe, et ce mythe frise l’utopie. Si réellement nous sommes animés les uns et les autres du désir d’unité, on n’emploierait un autre langage que celui auquel nous habitue Radio Yaoundé et les officiels (…) Tantôt on nous traite de « politicards attardés et ambitieux » et tantôt on nous traite de « politiciens dépassés », quand on ne nous traite pas de « menteurs et de démagogues » (…) Qu’on nous permette de préciser que non seulement nous ne méritons pas ces épithètes, mais encore que nous ne sommes que des Camerounais comme les autres, et qui plus est, nous ne voulons que vivre notre âge, notre milieu et notre époque. Nous ne sommes donc ni « ambitieux », ni des « attardés », encore moins des « dépassés », des « menteurs » et des « démagogues ». Nous ne voulons non plus être des précoces qui attellent la charrue avant les bœufs. Mais, nous voulons qu’ensemble, avec l’Union Camerounaise et toutes les autres formations politiques, nous puissions d’abord résoudre les problèmes concrets qui se posent à notre pays commun, comme à tous les autres pays sous-développés … ».

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1983-1990 : réaménagement de la « démocratie ahidjoènne ».

Lorsque Paul Biya succède à Ahidjo à Etoudi, à vrai dire, il n’est pas fondamentalement opposé à ces méthodes de domination de la population. C’est pourquoi, il n’y modifie pas grand-chose. En fait, il annonce la couleur dès le 6 novembre 1982 : « fidélité et continuité ». Les Camerounais s’en souviennent tous. Néanmoins, à l’issue de son premier voyage officiel à Paris, au mois de février 1983, face au flot de réclamations de Français et de Camerounais portant sur l’instauration immédiate du multipartisme et, de ce fait, au retour de la démocratie comme avant, il lâche du lest, et fait, un peu à contrecœur devant la presse française dans la cour de l’Elysée, deux déclarations capitales : 1/- « il n’est plus nécessaire au Cameroun pour exprimer ses opinions d’aller au maquis » ; 2/- « c’est au sein de l’UNC que doivent s’exprimer tous les courants d’opinion ».

La douche est glaciale pour les Camerounais épris, de démocratie.

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Etant sorti vainqueur de la crise politique de 1991, le régime s’est attelé à bâtir une nouvelle démocratie, à la manière de la « démocratie coloniale » jadis, à savoir une démocratie qui ne le renverse pas, tout en rassurant, dans le même temps, la communauté internationale, et tout particulièrement les « partenaires au développement », c’est-à-dire les bailleurs de fonds devenus exigeants en matière de respect des libertés individuelles.

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Mais, la riposte de la majorité parlementaire ne se fait pas attendre. Celle-ci se déroulera en deux temps :

1/- le Ministère de l’Administration Territoriale annule les listes électorales ayant été utilisées pour les législatives, et entreprend la confection de nouvelles, avec pour consignes strictes données aux sous-préfets d’éviter autant que possible l’inscription sur celles-ci de personnes soupçonnées d’appartenir à l’opposition ;

2/- une loi électorale instaurant un scrutin à un tour, pour l’élection présidentielle en préparation est votée par le Parlement.

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La première conséquence de la démocratie camerounaise imposée de l’extérieur a été le maintien du parti unique, par-delà le multipartisme. Celui-ci n’est pas simplement demeuré en vie par son appellation, mais également par la poursuite de sa confusion avec l’administration publique. Il est possible de clairement dire à ce jour que le RDPC = l’administration publique, et l’administration publique = le RDPC. L’un égale l’autre.

Le RDPC n’a pas de fonctionnement autonome. Il ne dispose guère de fonds propres. Il emploie comme permanents du personnel de l’Etat payé par ce dernier. Tout le matériel et le personnel de l’Etat sont à sa disposition. Toute l’administration publique est à son service, à sa disposition.

Pendant les campagnes électorales tous les fonctionnaires sont déversés sur l’ensemble du territoire national pour mener sa propagande. Il se retrouve ainsi avec valablement 200.000 agents électoraux payés par le budget de l’Etat. Ceux-ci se déploient avec les véhicules et le carburant administratifs. Ils utilisent par ailleurs les locaux de l’Etat pendant toute la durée de la campagne. Les sous-préfets, préfets et gouverneurs de régions président régulièrement ses meetings. La police et la gendarmerie intimident dans le même temps ceux de l’opposition, et procèdent très souvent à des interpellations de ses militants.

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Le terme même de « parti politique » ne lui sied pas véritablement, car celui-ci suppose un minimum de décision et de collégialité. Or, tel n’est guère la pratique en son sein. Le président de la République décide, seul, sans consulter ses cadres, et ceux-ci ne sont chargés que de répercuter, auprès du peuple, ses décisions, de les commenter favorablement. Même au niveau de son comité central, il n’est procédé à aucune élection. Le président de la

République y nomme en totale discrétion tous les membres, autrement dit, selon son bon-vouloir.

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Le processus d’éjection des formations politiques de l’opposition des conseils municipaux.

De 1992 à 2017, les conseils municipaux de Cameroun se sont progressivement vidés de leurs partis d’opposition à cause de ce mode de scrutin de la manière suivante :

1/- 1er scrutin : partis d’opposition, 40% des voix, parti ex-parti unique, 60% des voix ; conseil municipal remporté en totalité par l’ex-parti unique ; grande déception des électeurs des partis de l’opposition ;

2/- 2ème scrutin : partis d’opposition, 20% des voix, ex-parti unique, 80% des voix ; conseil municipal de nouveau entièrement raflé par lui ; deuxième déception des votants de l’opposition, découragement de ceux-ci, perte d’intérêt de la chose politique, aucune utilité de s’inscrire sur les listes électorales ;

3/- 3ème scrutin : partis d’opposition, 5% des voix ; ex-parti unique, 95% des voix, conseil municipal de nouveau raflé en totalité par lui ; découragement définitif des votants de l’opposition, inutilité de se rendre de nouveaux aux urnes, ni de s’inscrire sur les listes électorales. Démobilisation générale dans leurs rangs. Résultat, d’innombrables conseils municipaux détenus de manière monopolistique par le RDPC.

La même technique a également été utilisée pour le Parlement. D’un scrutin à l’autre, les voix de l’opposition, et en conséquence ses élus, n’ont fait que s’amoindrir, à cause du mode de scrutin en vigueur, à la plus grande satisfaction du pouvoir. On est ainsi passé de 92 députés sur 180 à l’Assemblée Nationale en 1992, à moins de 30 en 2017. Une régression de 70%.

Avant-propos

Chapitre I :

La démocratie au Cameroun avant 1960

A – L’avènement de la « démocratie coloniale »

B – le fonctionnement de cette « démocratie »

Chapitre II :

La démocratie au Cameroun de 1960 à 1990

A – La mort de la « démocratie» coloniale

B – 1er septembre 1966 : naissance de la « démocratie ahidjoènne »

Chapitre III :

Le tournant décisif de 1990

A – Les lois de décembre 1990

B – Conférence tripartite : les « élites » conservatrices à la manœuvre

Chapitre IV :

La démocratie au Cameroun depuis 1991

A – La « démocratie apaisée »

B – la « démocratie pyramidale »

Chapitre V :

Les talons d’Achille de la démocratie au Cameroun

A – Les Camerounais : un peuple ancré dans la féodalité

B – Le tribalisme

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Chapitre VI : La qualité des formations

politiques

A – RDPC : une excroissance de l’administration

publique …………………………………………………………..

B – Partis de l’opposition : clones du RDPC ……………..

Chapitre VII :

Les ruses de l’administration publique

A – Les élections surprises ………………………………………

B – La technique de retour de fait au parti unique ….

© Correspondance : Enoh Meyomesse

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