CAMEROUN :: Ayah Ayah Abine :  Mon pre est victime de perscution de lEtat  :: CAMEROON

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CAMEROUN :: Ayah Ayah Abine : ? Mon p?re est victime de pers?cution de l?Etat ? :: CAMEROON
CAMEROUN :: Ayah Ayah Abine : ? Mon p?re est victime de pers?cution de l?Etat ? :: CAMEROON
Interpellé et gardé à vue pour avoir pris des photos au Tribunal militaire de yaoundé, le fils de l’ancien premier avocat près la Cour suprême du Cameroun, relaxé, fait le récit de son mercredi noir, de même qu’il évoque la situation de son père, écroué dans les geôles du secrétariat d’Etat à la Défense (sed).

Qu'est ce qui s'est passé ce fameux mercredi dernier au Tribunal militaire de Yaoundé?
Le mercredi 07 juin 2017, je me suis rendu au Tribunal militaire de Yaoundé en compagnie de mon petit cousin. Bien avant que l’audience du jour ne débute et avant que les détenus n’arrivent, mon cousin, à ma demande, m’a pris des photos hors du tribunal avec quelques personnalités à l’instar du député Joshua Osih et Maitre Kan. Soudain, des hommes de la sécurité en civil, ont saisi son téléphone et ont parcouru les photos en question pour se rassurer qu’il n’y avait aucune photo des détenus. Ils nous ont remis le téléphone et nous ont interdit de filmer à nouveau les détenus.

Environ 30 minutes après, un homme en civil est venu arracher le téléphone de mon cousin sans toutefois se présenter. Il nous a sommés de le suivre. Je l’ai beaucoup supplié, lui expliquant que les hommes de la sécurité venaient de scanner le téléphone de mon frère et n’ont rien trouvé de compromettant. Mais, il a ignoré toutes mes supplications et à ma grande surprise, nous a conduits chez le Commissaire du gouvernement qui a appelé des gendarmes qui nous ont menottés puis embarqués pour le Sed où aucune question ne nous a été posée. Bien au contraire, il nous a été demandé de vider nos poches de leur contenu, et après nous avons été directement jetés en cellule aux alentours de 13h, jusqu’au lendemain. Il nous a été empêché d’appeler qui que ce soit, même pas la famille pour informer où on était.

Interpellés et gardés à vue, vous avez été relaxés. Que vous a-t-on reproché au Sed ?
Vers 17h30, ont nous a sortis des cellules et un enquêteur que j’ai trouvé très professionnel nous a pris en charge. C’est là où j’ai été informé que mon cousin a heurté les dispositions de l’article 105 et 116 du Code de procédure pénale, qui constituent une infraction. Je tiens à préciser que je n’ai pas pris de photos bien que les photos de moi et de deux autres personnalités ont été prises a ma demande. Nous avons été interrogés par l’enquêteur et après, on a regagné notre cellule jusqu’au lendemain. Dieu merci grâce à ma famille, j’ai été libéré avec ma mère et mon frère aîné comme garants.

Comment s’est passée votre détention ?
Triste et déplorable. Nous étions sept dans une cellule d’environ deux mètres de longueur et 1,5 de largeur. C’était donc impossible d’avoir une nuit sereine puisque tout le monde ne pouvait pas se coucher au même moment à cause de cette surface très limitée et inconfortable. On s’est couché directement au sol et en série. A une certaine période de la nuit, j’étais même obligé de sacrifier mon « confort » jusqu’au matin pour permettre à un jeune détenu de se coucher. S’il faut greffer à cela, les odeurs nauséabondes des toilettes, ça devient un enfer. Je ne souhaiterai jamais qu’un citoyen camerounais se retrouve dans une telle situation après l’expérience que j’ai vécue pendant près de 30 heures.

Au terme du Conseil supérieur de la magistrature présidée par le chef de l’Etat le 07 juin dernier, votre père a été appelé à faire valoir ses droits à la retraite ; comment cette décision été accueillie dans la famille ?
Sans surprise pour la famille Ayah, puisque le verdict était connu d’avance et relayé par les medias, surtout la presse écrite, depuis le mois de février. Donc, nous étions psychologiquement prêts a affronter cette éventualité depuis très longtemps. Vous savez, la retraite n’est ni une sanction, ni une punition. C’est une récompense après tant d’années de travail et de services rendus à la Nation. C’est un droit; un repos mérité pour les services rendus à l’Etat. Sauf que, le cas Ayah Paul, mon père, intervient dans un contexte particulier. Il est kidnappé par des agents du régime et mis en détention de façon arbitraire et depuis plus de 140 jours, il se trouve toujours au Sed sans la moindre inculpation. Son dossier est bloqué parce que la « Justice » ne peut progresser vu d’abord, les multiples abus perpétrés sur ses droits et aussi, le début d’une conscientisation de ceux qui mènent ce massacre à la justice camerounaise depuis le début de cette affaire.

Par conséquent, les medias annoncent depuis le mois de février qu’il sera mis à la retraite pour faciliter le procès contre lui. Dans ce contexte, il est très difficile de parler d’une mise en retraire légale, mais plutôt d’une continuité de la persécution de mon père par ceux qui détiennent le pouvoir. Allons plus loin, la Constitution et les traités internationaux ratifiés par le Cameroun, prônent l’égalité et la protection de tous devant la Loi. Mais au regard de la situation je me demande bien si nous sommes tous égaux devant la Loi ? Si oui, comme le dit notre Constitution, pourquoi est-ce que certaines personnes sont mise a la retraite et d’autres qui ont atteint et même dépassé l’âge de départ à la retraite sont maintenus ? Cette façon de faire, ne donne-t-elle pas raison à ceux qui intitulaient le Conseil supérieur dernier comme « le spécial conseil Ayah Paul » ?

Il se murmure que la procédure judicaire devrait enfin se déclencher contre votre père après qu’il soit privé du privilège que lui accordait la Loi. Comment envisagez-vous poursuivre la bataille ?
Je suis très surpris d’entendre même les juristes évoquer cette possibilité tant annonce depuis des mois. Ecoutez ceci: il y a un principe fondamental de la Loi qui est celui de la non rétrospectivité. Une Loi ou une décision juridique prend effet à partir du moment ou elle est prise. En d’autres termes, une loi/décision prise ce jour, n’a aucun effet sur les actes et/ou les situations qui ont eu lieu ou bien qui ont été posé avant que cette Loi a été promulguée ou bien avant qu’elle n’entre en vigueur. Donc, je suis très curieux de savoir quelle loi va s’appliquer sur le cas de mon père.

Je me demande où se trouve la loi qui stipule qu’un magistrat hors hiérarchie (qui est protégé par la loi vu ce privilège de juridiction qui leur sont accordé) peut être kidnappé, mis en détention de façon arbitraire, prise en otage pendant plus de 140 jours sans la moindre inculpation. Puis, envoyé a la retraite pour « faciliter l’accélération d’un procès contre lui ». Mais comme impossible n’est pas camerounais, on accepte tout. Soyons sérieux au moins pour une fois dans cette République. La loi pénale dans un procès judicaire s’applique à partir du moment où l’acte a été posé. Mon père était avocat général au moment de son enlèvement et il y reste jusqu'à la fin de sa persécution. C’est la loi…

© Source : Le Messager : Entretien Men Par C.T.

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