Cameroun: Communique du MDI face à la crise dite Anglophone :: CAMEROON
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Depuis le mois de Novembre 2016, le Cameroun est secoué par une crise sociale et politique dont les symptômes se manifestent sévèrement dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Avec son cortège de brutalité policière, d’arrestations arbitraires, de procès en sorcellerie, de violations de droits de l’homme, le tout aggravé par la suspension d’internet dans les deux régions du pays, l’arrêt des cours dans les écoles et universités et des villes mortes, ce que beaucoup d’observateurs appellent la « crise anglophone » vient remettre à jour un débat national sur la nature et la forme de l’Etat au Cameroun. Le Mouvement pour la Démocratie et l’Interdépendance (MDI) se doit de prendre position sur cette question qui est à nos yeux un problème national

Nous sommes des Africains. Nous revendiquons la gloire de l'Afrique ancienne et la splendeur de toute son histoire classique. Notre continent est riche et diversifié, mais il est exploité par des prédateurs étrangers et domestiques. Nous avons un passé commun, une unité culturelle indéniable et nous œuvrons pour notre Renaissance qui ne peut trouver sa meilleure expression que dans la libération totale et l’unification de l’Afrique et des Africains sur le Continent et dans la Diaspora. Nous ne se sommes donc ni francophones ni anglophones. Bien que prenant acte de l’influence culturel néfaste de la colonisation, nous ne faisons pas nôtre les cultures française et britannique imposées à notre peuple dans des conditions dramatiques. Nous ne pensons pas que 45 ans de régime indirect britannique et 100 ans de colonialisme français au Cameroun aient génétiquement modifié notre peuple en des espèces différentes.

En tant qu'Africains en quête de liberté et d'unité, nous sommes naturellement favorables à tout groupe qui lutte pour ses droits légitimes. Nous pensons qu'aucun groupe d'Africains ne doit être privé de ses droits ou marginalisé par des forces internes ou externes. Si cela se produit, nous soutenons leur droit à résister par tout moyen légitime dont il dispose. Il est du devoir du gouvernement de permettre et de protéger la liberté d’expression, et d'écouter avec attention les griefs du Peuple.

De ce point de vue, nous avons exprimé notre soutien aux demandes légitimes des avocats de Common Law et du syndicat des enseignants du sous-système anglophone de l'éducation au Cameroun. Nous avons soutenu leur résistance pacifique face à un gouvernement insensible et allergique au dialogue franc. Nous condamnons sans réserve la brutalité policière contre des manifestants pacifiques. Nous demandons la libération sans condition des personnes arrêtées et le rétablissement immédiat d’internet dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En refusant de mettre en œuvre la décentralisation quoiqu’imparfaite, prescrite par la Constitution de 1996, le régime RDPC, porte la responsabilité première de la résurgence des voix qui réclament un retour au fédéralisme à deux états et au réveil des tendances sécessionnistes chez certains de nos compatriotes.

Nous avons également exprimé notre réprobation face à la violence faite aux élèves qui souhaitaient se rendre à l’école. Nous nous sommes distancés de la rhétorique mesquine qui vise à monter tous les «francophones» contre tous les «anglophones» et vice versa. Nous avons rejeté la régionalisation ou la tribalisation d’un débat à caractère national, tout autant que la sécession. La revendication pour un gouvernement proche du peuple et à son service est une revendication nationale et non régionale. Le débat sur la nature et la forme de l'état ne saurait être uniquement une question anglophone, elle concerne le pays tout entier. En effet, il n’est pas possible d'instaurer une forme de l'Etat pour certains citoyens sans l'instaurer pour les autres.

Selon nous, le Cameroun a deux problèmes principaux: Le néocolonialisme français et le régime hyper centralisé et dictatorial de Yaoundé.

Ces deux problèmes sont intimement liés et l’un ne peut être résolu sans l’autre. Tous les autres problèmes au Cameroun (la question anglophone, les problèmes dans le Septentrion, les difficultés dans la région de l’Est, la corruption, la gabegie, la paupérisation, etc…) trouvent leur origine dans ses deux péchés originels

Nous devons donc briser les liens néocoloniaux avec la France et démanteler le régime dictatorial UNC-RDPC. Pour y arriver, nous devons unir et mobiliser tous les Camerounais contre les ennemis communs (La France et ses suppôts camerounais) et utiliser tous les moyens légitimes de lutte pour les vaincre. Une fois les oppresseurs vaincus, nous pourrons alors, en tant que peuple libre et souverain, organiser une conférence constitutionnelle qui mettra en place de nouvelles institutions politiques plus proche et au service du Peuple. Les nouvelles institutions prendront en compte notre histoire et nos valeurs communes africaines. Elles intègreront certes des éléments de notre courte histoire coloniale, mais plus important, elles seront conçues pour nous amener à jouer un rôle central dans la constellation des Nations Unies d’Afrique.

Nous ne souscrivons donc pas à un retour au fédéralisme à deux Etats de 1961. Il n’a pas marché en son temps et ne marchera pas non plus aujourd’hui. De plus en tant Africains nous ne saurions ossifier notre futur dans les limites de notre passé colonial. Soyons créatifs et trouvons des solutions innovantes.

Le MDI préfère entrer dans ce débat avec des principes généraux et un esprit ouvert. Les régions peu importe leur nombre doivent être économiquement viables, elles ne doivent pas être fondées sur les ethnies. Les Camerounais doivent être libres de se déplacer, de régler, de voter et d'être élus dans toutes les régions. Le gouvernement central doit être doté des pouvoirs justes nécessaires pour maintenir la cohésion de l'ensemble et le faire avancer dans la même direction.

Une révolution ne peut réussir que si elle est basée sur des idéaux plus élevés que ceux qu’elle combat. Chassons la petitesse d’esprit de nos rangs. Unissons-nous pour changer le Cameroun tout entier. Nul ne peut sauver sa cabine d’un bateau qui coule. L’idée selon laquelle une région du pays peut régler ses problèmes sans un changement radical de l’ensemble du système est une utopie. Tout le Cameroun sera sauvé ou il coulera entièrement

© Correspondance : Mouvement Pour La Démocratie Et L’Interdépendance, March 2017

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