Cameroun, Roman : Soleil tu luiras de nouveau :: CAMEROON
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La prison était en émoi. « Un gros poisson va arriver ». La nouvelle de son arrestation l’avait devancée. Les prisonniers ainsi que les gardiens, sont ainsi. Ils savent par avance qui va atterrir dans cette maudite maison ou pas. Ils savent par avance ce qui se passe au parquet. Ils savent par avance qui y a été libéré, qui y a été condamné, ainsi que la durée de la peine.

La gardienne qui la fouillait arborait un sourire en coin. Elle la dévisageait avec un air narquois. De ses yeux se lisait ce que, de toute évidence, elle pensait: « ah ! vous voici, les affameurs du peuple… ».

Lorsqu’elle avait cessé de la palper, elle fit signe à son collègue de l’emmener. Elle fut conduite au « quartier féminin ». Pour cela, elle dût franchir d’innombrables portes toutes métalliques, qui ne s’ouvraient que pour la laisser passer, et se refermaient aussitôt lourdement et dans un bruit de fin du monde, derrière elle. Il faisait noir dans les couloirs, c’était comme si elle s’enfonçait dans une tombe. Elle fut soudainement envahie par une immense peur. Finalement, elle se retrouva devant un grand et long portail également métallique. La gardienne qui en avait la charge, était assise devant et l’avait ouvert. « Entre ! », dit-elle. Elle était tétanisée. Ses pieds furent comme s’ils pesaient des tonnes. Elle ne bougea pas. La gardienne se leva, et la poussa avec force à franchir cet ultime portail. « Entre ! Je te dis ! C’est quoi même ? Tu n’entends pas ? » Angoneman se retrouva dans une petite cour également plongée dans le noir, moins grande que la dernière qu’elle venait de traverser. On y distinguait simplement des silhouettes féminines, celles des détenues qui s’y trouvaient. Elles avaient aussitôt accouru au bruit déjà familier pour elles du portail qui s’ouvrait. Elles se mirent à scander : « A so yà ! A so yà ! A so yà ! A so yà ! », ce qui voulait dire : « elle est arrivée ». Traduction, elle était attendue. Nul doute, c’étaient les démons de l’enfer qui l’accueillaient. La vie était finie pour elle. Elle fondit en larmes…

* *

*

Une détenue l’avait prise par le bras. Elle saura plus tard qu’il s’agissait de la « chef » du quartier. L’administration de la prison a ainsi recours à des prisonniers pour la seconder dans son travail. Un chef de quartier est de ce fait un détenu qui est chargé de la discipline, de la propreté, de l’harmonie dans les relations entre l’ensemble des détenus, au sein d’un « quartier », car la prison est divisée en blocs que l’on désigne par cette appellation.

Les autres femmes l’agressèrent littéralement. Il y en avait qui lui tiraient les cheveux, d’autres les vêtements, sans oublier celles qui donnaient l’impression de vouloir même lui taper dessus. Que leur avait-elle fait pour qu’elles se déchaînent ainsi contre elle ? Elles ne se connaissaient pas. Elles ne s’étaient jamais vu auparavant. Pourquoi cette agressivité ?

La détenue qui l’avait prise par le bras l’avait introduite dans une cellule. En y pénétrant, toutes les femmes qui s’y trou-vaient avaient porté leurs regards sur elle. Elles avaient tiré les rideaux qui dissimulaient leurs lits, et leurs visages apparaissaient comme provenant d’outre-tombe. Ils étaient effrayants.

La cellule n’est pas grande. Elle mesure environ 20 mètres carrés, pas plus. Elle comporte cinq lits de trois étages, d’une place chacun, ce qui fait au total quinze lits. Une ampoule placée au-dessus de la porte en assure faiblement l’éclairage. Les coins de la cellule se trouvent ainsi dans la pénombre.

La dame lui désigna un lit qui se trouvait au ras du sol.

— Voici ton « mandat », tu vas dormir ici.

« Mandat » ? Elle apprit que c’est ainsi que sont appelés ces lits par les prisonniers et l’administration du pénitencier. Un mandat est à la fois, une couchette, une armoire, une penderie, un tout. Il est le domicile du prisonnier, pendant que la cellule entière apparaît comme l’immeuble qui l’abrite.

— Il te faudra acquérir plusieurs draps, un pour te couvrir, un pour dormir dessus, deux ou trois de rechange, un seau vide pour ta toilette, et naturellement, tu apporteras des vêtements de rechange. Allez ! Bonne nuit, et à demain.

……………………………………………..

Ce roman est un grand chant d’espoir, un puissant cri de cœur d’une femme meurtrie, qui a transcendé la trahison, le découragement, s’est bâtie une nouvelle vie, débarrassée de la peur et des railleries des gens, et qui est revenue à la vie, là où nombreux l’avaient proclamée morte…

Angoneman était une grande cadre d’une prestigieuse entreprise dans son pays le Cameroun. Tout allait bien pour elle jusqu’au jour où elle s’est retrouvée en difficultés à cause de sa parenté avec son patron victime d’une arrestation politique. Elle a été condamnée à quinze ans de prison. Le monde s’est effondré tout autour d’elle. Tous ses amis l’ont abandonnée. Des parents n’ont pas été en reste.

Plutôt que de sombrer dans l’aigreur, elle a découvert le côté caché de l’être humain, celui de l’égoïsme, du cynisme, de l’indifférence et s’en est fait une raison.

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© Correspondance : Par Roselyne Bertille Bityé.

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