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Afrique- Cameroun: Le "sang chaud" à la camerounaise porte-t-il préjudice au dialogue dans notre société ? :: AFRICA
AFRIQUE :: LE DéBAT
  • Camer.be : Florence Tsagué
  • dimanche 26 février 2017 09:02:26
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Afrique- Cameroun: Le "sang chaud" à la camerounaise porte-t-il préjudice au dialogue dans notre société ? :: AFRICA

Il est vrai que l´histoire des débats publics n´est pas toujours marquée par l´esprit pacifique. De par le monde, on a assisté et on assiste encore à des échanges houleux, même dans les sphères où l´on s´attend le moins: des attitudes situées aux antipodes de la culture du dialogue constructif et du respect mutuel. Là où les arguments manquent à certains, ils font vite recours à la brutalité, pouvant aller de la simple violence verbale aux attaques physiques. Les victimes portent dans certains cas de lourdes séquelles psychosomatiques.

Et pourtant, pour le progrès d´une société, le débat est plus que nécessaire. Or peut-on progresser lorsque la violence prime sur le dialogue ?

Le Cameroun, l´"Afrique en miniature", ce beau pays qui se fait distinguer par un dynamisme et une intellectualité notoires, n´échappe pas à ces dérapages, aux insultes, aux insinuations pas les moins saugrenues tant dans les échanges privés que dans l´arène publique. Le public camerounais garde encore un goût amer, entre autres, du débat Sismondi Barlev Bidjocka vs. Me Alice Nkom, de Tatiana Dirane vs. Ledoux Marcelin et encore plus récemment de Luc Perry Wandji vs. Calixthe Beyala. De débats prometteurs qui pourtant ont vite fait long feu, laissant ainsi le public sur sa faim.
Les réseaux sociaux quant à eux, ne font pas école dans notre contexte sans envenimer la situation et nourrir la fibre agressive en l´homme.

D´aucuns s´interrogent sur les racines de cette agressivité verbale. Bref, on assiste à une normalisation voire banalisation de la culture du « sang chaud » et non de celle de la maîtrise de soi.
Homme comme femme, jeune comme adulte, riche comme pauvre, ils sont nombreux les compatriotes qui s´enorgueillissent d´avoir "le sang chaud". En guise d´exemple, Brenda Biya mettait déjà en exergue ce caractère lorsqu´elle parlait de son clash avec le chauffeur de taxi aux USA. Et à Madame Beyala d´expliquer sur son mur facebook, au sujet de son altercation sur le plateau de l´émission "l´Arène" (Canal 2 International): Et comme face aux sauvageons, je sais être un peu plus sauvageonne, j'ai procédé à un massacre à la tronçonneuse. Et comme face aux sauvageons, je sais être un peu plus sauvageonne, j'ai procédé à un massacre à la tronçonneuse.  "Et comme face aux sauvageons, je sais être un peu plus sauvageonne, j´ai procédé à un massacre à la tronçonneuse."Et comme face aux sauvageons, je sais être un peu plus sauvageonne, j'ai procédé à un massacre à la tronçonneuse.

Lors d´une conférence dans le cadre de l´association "African Developement Initiative" à Francfort, le professeur Jacob Emmanuel MABÉ recherchait les causes de cette violence dans l´emploi des langues léguées par le système colonial. D´aucuns déplorent une certaine négligence des valeurs africaines dans l´éducation de base.

Les mass-médias étant une vitrine de la société et jouant un rôle primordial dans l´éducation et la formation de la jeunesse d´un pays, on se demande si le langage violent sur les plateaux de télévision ne contribuerait-il pas à inculquer les valeurs négatives aux jeunes ? Faut-il inscrire dans le cadre scolaire le dialogue comme une substance transdisciplinaire basée sur les valeurs africaines ?
C´est avec ces questions que nous ouvrons le débat tout en vous souhaitant un paisible dimanche.

26févr.
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