Cameroun, Livre: Poèmes de chagrin de Enoh Meyomesse. :: CAMEROON
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J’ai été arrêté le 22 novembre 2011 à ma descente d’avion à l’aéroport de Yaoundé, en revenant d’un voyage en Asie et ai été écroué à la prison centrale de Kondengui dans cette ville, après avoir auparavant été déporté, sur ordre du Ministre de la Défense du Cameroun, à Bertoua, dans l’Est du pays.

J’ai passé des moments extrêmement douloureux pendant ma détention qui a duré quarante longs mois, et dont je n’ai pu sortir que grâce à une campagne internationale menée par des écrivains du monde entier.

Ce recueil de poésie est constitué ainsi de souvenirs de cette longue et pénible

période de privation de liberté.

Viens à Kondengui

viens à Kondengui *

et la terre tu verras

DIF

FE

REM

MENT

tes yeux te découvriront

PLUS BAS QUE

EXCREMENT

tu deviendras la honte de ta famille

tu deviendras son humiliation

tu deviendras la risée de tes amis

tu deviendras leur défouloir

d’innombrables gens diront

ah ! on savait

quand un tambour résonne déjà trop

c’est qu’il est sur le point de se percer

tes gosses seront moqués

ton épouse sera raillée

tout tout tout autour de toi

sentira mauvais

viens à Kondengui

et la terre tu verras

DIF

FE

REM

MENT

tes yeux te découvriront

PLUS BAS QUE

EXCREMENT

tu publieras un livre

mais on dira ha ! il l’a écrit en prison

c’est un vilain personnage

et quand à un ami tu téléphoneras

il répondra à la sauvette « je suis au courant !

je suis au courant ! on s’occupe de toi !

on s’occupe de ton affaire ! » et il raccrochera le téléphone

… il changera même de numéro

viens à Kondengui

et la terre tu la verras

DIF

FE

REM

MENT

et lorsque le juge ô ce DIEU MORTEL

LE JUGE le détenteur du souffle des damnés

du haut de son pupitre tout là-bas et de sa TOUTE PUISSANCE te condamnera

les yeux désinvoltes comme d’habitude

si tu n’y prends garde

O CRUCIFIE

si tu n’y prends garde

ta chérie

oui ta chérie

ELLE

s’en

ira

tu ne la reverras plus

« tant d’années à l’attendre ! jamais !»

je dis

viens à Kondengui

et la terre tu verras

DIF

FE

REM

MENT

tes yeux te découvriront

PLUS BAS QUE

EXCREMENT

* Prison centrale de Yaoundé

Garde à vue …

clin clin clin

et le cadenas sur la serrure

te réveille

DEBOUT BANDITS

il est l’heure des ablutions

avant que la brigade ne s’éveille

avant que le soleil ne se lève

avant que la ville ne se dresse et se mette à grouiller de monde

DEBOUT ET VITE !

clin clin clin

et le cadenas sur la serrure

te réveille

c’est l’heure du nettoyage

du cachot infect peuplé de lamentations

c’est l’heure d’emplir tes poumons de l’air

du paradis qui dehors est désormais

c’est l’heure de vider ta vessie boursouflée

c’est l’air de remuer tes jambes endolories

c’est l’heure de revenir à la vie

avant de replonger à la mort

clin clin clin

et le cadenas sur la serrure

te réveille

toi ! le saut !

toi ! le balais !

toi ! la serpillière !

que le trou à rats soit étincelant

que les odeurs pestilentielles s’échappent

PURIFIE-TOI LE NEZ

clin clin clin

et le cadenas sur la serrure

te réveille

il te rappelle chaque matin

que tu n’es plus

du monde des

LIBRES

Toi qui n’as jamais

toi qui n’as jamais connu

la persécution de la police à tes trousses

le gendarme qui te tabasse en ricanant

qui saccage tout chez toi au nom de la loi devant ta progéniture en larmes et toi tu ne peux rien du tout sinon que larmoyer aussi

tu ne mérites point de porter la robe noire

et de t’asseoir LA-BAS DEVANT

toi qui n’as jamais connu la douleur du coup

de pied qui te botte rageusement les fesses et les rend brûlantes au nom de la loi semble-t-il

tu ne mérites point de porter la robe noire

et de t’asseoir LA-BAS DEVANT

toi qui n’as jamais dormi une seule petite

nuit dans une cellule malodorante insalubre et surpeuplée de gendarmerie ou de commissariat et gouter à la violence de « l’enquêteur » ce seigneur qui sort sa matraque et te montre que tu n’es plus rien puis éclate bruyamment de rire lorsque ta bouche hurle ô violation des droits de l’Homme à l’État de droit, etc.,

tu ne mérites point de porter la robe noire

et de t’asseoir LA-BAS DEVANT

toi qui n’a jamais connu les innombrables renvois des gens comme toi en noir vautrés sur leurs pupitres la puissance de la loi entre leurs frêles doigts corrompus êtres plus capricieux que même jeune fille dorlotée par son fiancé

tu ne mérites point de porter la robe noire

et de t’asseoir LA-BAS DEVANT

toi qui n’as jamais séjourné une seule minute au quartier Kosovo au pénitencier de Kondengui où les humains sont des monstres ambulants squelettiques et somnolents parce qu’ils n’ont point de quoi manger ni de place où reposer leurs corps décharnés et recouverts de plaies purulentes et malodorantes

tu ne mérites point de porte r la robe noire

et de t’asseoir LA-BAS DEVANT

je dis

tu ne mérites vraiment point

de t’asseoir là-bas devant un code pénal à la main à décider du souffle des autres humains

car ô grand MAGISTRAT

tu ne sais POINT

ce que c’est que vivre

en PRISON

et ils m’ont torturé

et ils m’ont torturé en ricanant

ils exécutaient des ordres

« de la HIERARCHIE »

ils avaient le cœur tranquille

ils m’ont torturé

les yeux au fond des miens

plus terrifiants que la mort

ils m’ont torturé

en haussant les épaules

tu sais

si tu n’avoues pas on te détruira le corps

alors ils m’ont plongé dans le noir

alors ils m’ont plongé dans la faim

alors ils m’ont plongé dans l’isolement

alors ils m’ont plongé dans la terreur

chaque jour qui se levait était le dernier

chaque jour qui se levait était le dernier

chaque jour qui se levait était le dernier

et ils m’ont torturé en ricanant en ricanant en ricanant en ricanant en ricanant en ricanant

ils exécutaient des ordres

« de la HIERARCHIE »

ils rendaient compte au COLONEL

le COLONEL rendait compte AU MINISTRE

le MINISTRE ALLAIT-IL PLUS HAUT

et ils m’ont torturé l’AME EN PAIX

je suis journaliste

M. ENOH vous le détenez

la terre entière exige sa libération

la terre entière exige sa libération

la terre entière la terre entière

LA TERRE ENTIERE

jusqu’au GROENLAND

je suis journaliste

la terre entière m’a mandaté

la terre entière m’a commissionné

la terre entière m’a m’a m’a m’a m’a

ELLE LE VEUT LIBRE

C’EST TOUT

la torture n’est pas digne de vous

la torture n’est pas honorable pour vous

la torture n’est pas acceptable chez vous

pourquoi avez-vous donc combattu le colonialisme sinon pour instaurer

LA LIBERTE

et ils sont souri

et ils ont fait la moue

et ils ont haussé les épaules

et ils ont dit

AH BON ! ÇA ALORS !

et ils m’ont encore torturé en ricanant

et ils m’ont encore torturé en ricanant

et ils m’ont encore torturé en ricanant

ils exécutaient des ordres

« de la HIERARCHIE »

ils avaient le cœur tranquille

les yeux au fond des miens

ô Afrique

ma terre bien-aimée

QU’AS-TU FAIT

DE TA LUTTE

POUR LA

LIBERTE

du sang des maquisards

du sang des héros dans les marécages

qui vociféraient à tue-tête

A BAS LE COLONIALISME

QU’EN AS-TU FAIT

© Source : Avec L'éditeur

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