Cameroun,A lire absolument : Le limogeage d’Ahmadou Ahidjo de Enoh Meyomesse :: CAMEROON
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Cameroun,A lire absolument : Le limogeage d?Ahmadou Ahidjo de Enoh Meyomesse :: CAMEROON
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La démission surprise d’Ahmadou Ahidjo, premier président de la République, au Cameroun, est demeurée, jusqu’à ce jour – et, peut-être, le sera encore pour longtemps – une véritable énigme. Comment cela se peut-il qu’un homme qui tient le pays d’une main de fer, a réduit à néant la contestation de son régime, si forte au début de son règne, et qui n’est âgé que de cinquante-huit ans, décide, tout d’un coup, de se retirer du pouvoir ?
 
     L’explication qui a prévalu tout au début, a été celle de son retrait pour cause de maladie. Toutefois, nul n’a jamais su de quelle maladie souffrait-il. Mais, bien vite, cette thèse a rapidement été délaissée, au vu du regain de santé et d’activité qui a caractérisé Ahmadou Ahidjo, dès le mois de janvier 1983, soit, deux mois à peine, après sa démission spectaculaire. On se souvient qu’il avait entrepris une tournée nationale « d’explication », au cours de laquelle, il avait continué à inviter les Camerounais à apporter leur soutien sans réserve au nouveau président de la République, Paul Biya, confirmant ses propos du jeudi 4 novembre 1982, lorsqu’il annonçait sa démission. Par ailleurs, il avait accordé une longue interview au quotidien Cameroon Tribune, en date du 31 janvier 1983, dans laquelle il répondait, narquois, à ceux qu’il désignait comme des « aigris », des « professionnels de l’intoxication » et autres « pêcheurs en eau trouble », qui, selon lui, se réjouissaient de son départ du pouvoir, en ces termes : 

« certains souhaiteraient ne plus me voir à Yaoundé. Il faut cependant qu’ils s’accommodent de ma présence et se résignent à me voir (…) je suis, pour ma part, vacciné et immunisé depuis longtemps contre les calomnies… ». 

     Tout ceci montrait bien une chose, Ahmadou Ahidjo n’était pas au chapitre de la mort, et ne pouvait pas, en conséquence, avoir renoncé au pouvoir pour cette raison. 
     Des années plus tard, quelque analyste politique entreprendra de démontrer, en se basant sur les nombreuses dispositions prises par Ahmadou Ahidjo pour s’assurer une confortable retraite de chef d’Etat, que ce dernier avait, volontairement, quitté le pouvoir. Mais, cette démonstration comporte une faiblesse monumentale. Elle n’explique pas la tentative de reconquête du pouvoir par ce dernier, qui a atteint son point culminant le 18 juin 1983, à travers ce que l’histoire du Cameroun a retenu sous l’appellation «réunion du lac». Cette rencontre, rappelons-le, visait à exiger la démission, en bloc, du gouvernement, de la totalité des ministres du Nord, tout comme il l’avait fait, le 11 février 1958, pour renverser le Premier ministre de l’époque et son patron, André-Marie Mbida. Ahmadou Ahidjo s’était tout bonnement comporté en récidiviste. Pour cette raison fondamentale, il ne pouvait pas avoir renoncé au pouvoir, huit mois seulement auparavant, de son propre chef, autrement, il n’aurait pas tenté de rééditer son exploit de 1958.
    Pour quelle raison, Ahmadou Ahidjo, a-t-il décidé de démissionner de ses fonctions de président de la République ? Il nous reste une dernière explication. Celle-ci porte sur sa relation particulière avec la France, en sa qualité de chef d’Etat hissé et maintenu au pouvoir, par l’ex-puissance coloniale. 
     Dans les pages qui suivent, nous nous efforçons d’étayer cette thèse, et offrons, aux Camerounais, la conclusion à laquelle nous avons abouti : Ahmadou Ahidjo, en protégé de la France, a été limogé, par celle-ci, lorsque la défense des intérêts de l’ex-puissance coloniale, au Cameroun, ne passait plus par lui. Cela est révoltant, au plus haut point, nous en convenons, mais nullement surprenant, dès lors que les choses se sont maintes fois déroulées, ainsi, dans d’autres anciennes colonies françaises d’Afrique Noire, qui nous entourent.

(…)
C – L’accident d’avion de René Journiac à Ngaoundéré.

     Le 06 février 1980, en pleins préparatifs du congrès de l’UNC de Bafoussam, prévu du 12 au 17 février 1980, le Premier ministre, Paul Biya, reçoit à dîner, l’ambassadeur du Niger en fin de séjour au Cameroun. Habituellement, c’est le président de la République qui se charge des au revoir des diplomates en fin de séjour au Cameroun. Le Premier ministre ne le fait que lorsque le président de la République est absent du pays, ou « empêché ». Or, Ahmadou Ahidjo n’est pas en voyage à l’étranger. Il n’est pas non plus à Bafoussam, où les préparatifs du prochain congrès de l’UNC battent leur plein. Où se trouve-t-il donc ? 
     Ahmadou Ahidjo est à Ngaoundéré pour accueillir … René Journiac, la victime malheureuse de Bokassa à Libreville, quelques mois auparavant. Il s’y est rendu, incognito. Pas grand monde ne sait qu’il se trouve même hors de la capitale. 
     Le 06 février, alors que l’avion de René Journiac est déjà sur le point d’atterrir, le train d’atterrissage étant déjà entièrement sorti, et qu’Ahmadou Ahidjo est debout, sur le tarmac de l’aéroport en train de suivre, du regard, les manœuvres d’approche de l’avion, tous phares allumés, voilà que subitement, celui-ci disparaît derrière la broussaille en bout de piste. Il s’en suit un énorme bruit sourd, semblable à une explosion. Puis, une épaisse fumée noirâtre se met à s’élever du sol. Que s’est-il passé ? L’avion transportant le conseiller aux affaires africaines de Valéry Giscard d’Estaing, vient de s’écraser au sol, sous le regard médusé du président camerounais, de son escorte, ainsi que de l’ambassadeur de France. 
     Pourquoi cette rencontre, incognito, à Ngaoundéré ? Pourquoi prendre rendez-vous dans cette ville de province, et pas à Yaoundé, la capitale du pays ? Pourquoi ce rendez-vous, tout juste six jours avant l’ouverture du 3ème congrès ordinaire de l’UNC, baptisé Congrès de la maîtrise du développement ?  Faudrait-il établir une corrélation entre cette rencontre, secrète, et les fortes rumeurs d’abandon du pouvoir, par Ahmadou Ahidjo, à l’issue de ce congrès de l’UNC, qui circulent ?  
     Cette grand-messe de l’UNC, en effet, a pour principale particularité, qu’elle repose sur la question de savoir si Ahmadou Ahidjo acceptera, encore, d’exercer les fonctions présidentielles, ou non. L’UNC en est totalement mobilisée. C’est de toutes les sections du territoire qu’émanent, en un flot ininterrompu, des appels pressants et désespérés de militants, qui supplient le « Grand camarade » Ahmadou Ahidjo, de ne pas laisser le bateau Cameroun au beau milieu de l’océan, autrement dit, de ne pas abandonner le pouvoir. A la fin du congrès, une motion particulière a été rédigée, à cet effet, et a été lue par Victor Ayissi Mvodo :

« … Le troisième congrès ordinaire de l’UNC, réuni à Bafoussam, du 12 au 17 février 1980 :
   (…) considérant l’impérieuse nécessité de poursuivre, résolument, la consolidation des institutions du nouvel Etat unitaire ; considérant que l’appel spontané que toutes les couches de la population ont adressé, soit directement, soit par l’intermédiaire de leurs délégués au 3ème congrès, au Grand camarade Ahmadou Ahidjo, pour un nouveau mandat à la magistrature suprême du pays, est incontestablement l’expression d’un accord total, unanime et enthousiaste du peuple camerounais qui juge notre président national digne de continuer à remplir les nobles et lourdes tâches de la construction nationale ; félicite le président national de l’UNC, président de la République Unie du Cameroun, pour la rare clairvoyance et le sens politique élevé dont il a toujours fait preuve dans la définition et la poursuite des objectifs supérieurs de la nation ; l’exhorte et l’encourage à persévérer avec toujours plus de détermination et de sagesse dans la voie désormais irréversible qui a conduit, le Cameroun, dans l’unité, la paix et la justice, à des résultats spectaculaires dans les domaines politiques, économiques, social et culturel, et dans le domaine des relations internationales ;
     Et prenant en considération la décision par laquelle le comité a, en séance de ce jour, investi le Grand camarade Ahmadou Ahidjo à la magistrature suprême :
- prie le Grand camarade Ahmadou Ahidjo, d’accepter cette investiture… »

     Quoi qu’il soit, René Journiac meurt au cours de ce crash aérien, sous les yeux d’Ahmadou Ahidjo. Fait curieux, personne n’en fait état, de manière officielle, au Cameroun. Ce n’est que le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune, qui, dans son édition du samedi 09 février, publie, en page 15, soit à la fin du journal, le communiqué ci-après :

« France : les obsèques de M. Journiac auront lieu lundi à Paris.
   Les obsèques de M. René Journiac, ancien conseiller du président de la République française pour les affaires africaines, qui a trouvé la mort dans un accident d’avion, au Cameroun, auront lieu à 10 h 30 à Paris, dans l’église St Honoré d’Eylan, a indiqué, vendredi, le porte-parole de l’Elysée, M. Jean-Marie Poirier. »

     Lorsque l’on sait la place importante, pour ne pas dire spéciale, qu’occupe la France dans la politique extérieure du Cameroun, il y a lieu d’en être considérablement surpris. On se serait attendu à ce que cet accident occupât la « une » de Cameroon Tribune. Mais, tel n’a pas été le cas. C’est comme s’il fallait, à tout prix, maintenir, dans le secret, cette rencontre avortée entre le président camerounais et le conseiller français. Pour quelle raison ? 
     Ceci nous amène alors, tout naturellement, à nous poser la question suivante : qui était René Journiac dont on a tenu, à tout prix, à taire la présence au Cameroun ? 

(…)
     Ahmadou Ahidjo aura connu un bien triste destin. Vivre dans la gloire, adulé tel un Dieu, et mourir dans l’indifférence, loin de sa terre natale, en fugitif. 
     Mais, le plus triste, dans le destin d’Ahmadou Ahidjo, aura été, à n’en pas douter, son pari manqué. Il aura, de toute évidence, fait le pari de « l’amitié » avec la France, afin que celle-ci le maintienne au pouvoir, sans nul doute, à vie, pendant qu’il développerait son pays. Ce faisant, de son côté, il maintiendrait la population dans la terreur et l’obscurantisme (1), dans le but d’attirer et de rassurer les investisseurs occidentaux. Il a perdu sur les deux plans. 
     La France ne s’est servie de lui que comme instrument, relais, gardien de sa fortune au Cameroun. Et, au bout du compte, s’est débarrassée de lui, lorsqu’elle a estimé que la préservation de ses intérêts, au Cameroun, ne passait plus par lui. De même, de développement, il n’a pu en apporter à notre pays, en étant le protégé et l’obligé de Paris. En accédant au pouvoir le 18 février 1958, le Cameroun était un pays agricole, pauvre et arriéré. En quittant le pouvoir 24 années plus tard, le 6 novembre 1982, le Cameroun l’était demeuré. Ahmadou Ahidjo ne se sera contenté, uniquement, en vérité, que de nourrir la population. Son slogan politique le plus juste, aura été, ainsi, « l’autosuffisance alimentaire ». Tous les autres qu’il a utilisés, n’auront été que des échecs : « santé pour tous en l’an 2000 », échec ; « révolution verte », échec ; « développement autocentré et endogène », échec, etc. 
     Malgré tout, l’expérience d’Ahmadou Ahidjo est riche d’enseignement, non seulement pour nous Camerounais, mais aussi, pour tous les Africains. Elle démontre l’impossible sécurité, pour un chef d’Etat qui choisit, délibérément, d’être le vassal d’une puissance étrangère, tout en en écrasant son peuple, et en même temps, l’impossible développement d’un pays, dans ces conditions.

Annexe : 
Florent Etoga : « je m’y attendais depuis des mois »

(…) Pour vous dire la vérité, je ne suis pas très surpris par la nouvelle (de la démission d’Ahmadou Ahidjo). C’est quelque chose à laquelle je m’attendais pour des raisons que seule l’histoire nous révélera plus tard. Je m’y attendais même depuis des mois. Lui-même, le président Biya s’y attendait. En ce qui me concerne personnellement, j’avais été mis au parfum par des amis français, bien sûr je me suis réservé d’en parler au futur président, encore moins à mon épouse ou à qui que ce soit…

L’Action, Renouveau an XX, novembre 2002. 

Sommaire
Introduction 
Chapitre I : Les plans de l’Elysée
     A – La nouvelle politique africaine de la France 
     B – Le retour du Premier ministre au Cameroun 
     C – Paul Biya : élu de la France

Chapitre II : La première tentative 
     A – La modification de l’article 7 de la constitution
     B – Le massacre de Dolle comme celui de Bangui
     C – L’accident d’avion de René Journiac à Ngaoundéré

Chapitre III : La réussite de la « démission »
     A – L’arrivée de François Mitterrand au pouvoir 
     B – L’inauguration du Palais d’Etoudi 
     C – Ahmadou Ahidjo : out ! 

Chapitre IV : La nostalgie du pouvoir
     A – Le chant du cygne d’Ahmadou Ahidjo 
     B – L’intronisation de Paul Biya par François Mitterrand 
     C – Le départ pour l’exil d’Ahmadou Ahidjo 
             
www.amazon.com, taper le titre ou Enoh Meyomesse.

© Camer.be : La Rédaction

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Epervier
En oh MEYOMESSE

Si je vous félicite, vous n'allez pas voir le reproche que je vais vous faire.

Alors je ne parlerai que de la grosse faute que vous faites.

La France n'est pas "l'ex puissance coloniale du Cameroun".

La France n'est pas "l'ancienne puissance colonasatrice du Cameroun".

La France n'est rien de similaire.

Vous Enoh, êtes malade du syndrome du colonisé, ou de l'un d'eux.

La Société des Nations n'a jamais été le distributeur de colonies aux pays européens.

Guerrissez de votre maladie et cessez d'écrire des âneries; ce n'est pas la première fois que vous écrivez une telle abomination.

Vous vous décrédibilisez avec ce mal qui vous mine.

Guerrissez!
Mvog-Ada
La mort de Journiac me paraît être une affaire franco-française : la lutte entre deux clans de mafieux :le réseau de Foccart , écarté des affaires des africaines à l'arrivée au pouvoir de Giscard et le clan de Giscard lui-même qui avait remplacé Foccart par Journiac ; chaque camp voulant bien évidemment prendre pour lui tout seul les richesses africaines; et l'homme qui aurait facilité l'exécution de Journiac serait Omar Bongo en faisant voyager Journiac dans son avion personnel, piloté pour rassurer Journiac par son propre neveu
Epervier
@MVOG-ADA

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