TOGO: Pourquoi faut-il boycotter cette parodie d'lection du 25 avril 2015 ?

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TOGO: Pourquoi faut-il boycotter cette parodie d
TOGO: Pourquoi faut-il boycotter cette parodie d'lection du 25 avril 2015 ?
Notre point de vue sur l'effervescence électorale au pays ne cesse de susciter au sein de la diaspora togolaise divers commentaires et débats. Parmi ces commentaires, il y a ceux qui soutiennent, non seulement, notre attitude de démarcation vis-à-vis de la politique menée par cette opposition dite démocratique, mais aussi comprennent le sens politique de notre appel au boycott. Mais à côté de cette prise de position que nous encourageons; et pour laquelle nous appelons à faire partager largement, il y existe toujours une fraction de cette diaspora qui, en dépit des expériences soldées par divers échecs, demeure poings et pieds liés à cette opposition dite démocratique. Ces partisans indécrottables des clubs électoraux (CAP-2015-ANC, ADDI) à court d'arguments politiques, justifient cette énième farce électorale en développant sur les réseaux sociaux une stérile hostilité à notre égard. Peine perdue.

Dans ce contexte de débats autour de ce scrutin présidentiel dont le résultat est connu d'avance, Jean-Pierre FABRE vient d'apporter un «argument» à ses partisans «participateurs». Le candidat vedette du CAP-2015 vient, en effet, de déclarer dans un clip vidéo que «le boycott n'a jamais fait avancer la lutte des peuples». On se demande, à l'entendre, à partir de quel livre d'histoire du Togo ou d'ailleurs, ou d’expériences de luttes des peuples est-t- il  arrivé à ce constat. On sait que cet argument stérile que Jean-Pierre FABRE et les siens usent abondamment ne date pas d'aujourd'hui. Un autre argument qu'il continue de brandir est également : «qu'il ne faut pas laisser tout le terrain à la dictature». Seulement, depuis mars 1991, force est de constater que c'est toujours le pouvoir RPT-UNIR qui occupe par divers subterfuges et la force le terrain politique. En plus,  de négociations en élections, la dictature s'est trouvée confortée et même de façon monarchique puisque le fils a succédé au père. Et cela au prix de terribles souffrances, de milliers de morts pour le peuple ! Mais cela n'empêche pas FABRE et ses partisans de ressasser  les mêmes arguments. Une fois de plus, on se rend compte que Jean-Pierre FABRE et son CAP-2015 se moquent effrontément des masses populaires qui luttent avec abnégation contre ce régime autocratique.

Leur cynisme apparaît encore plus évident qu'on se rappelle que ce même FABRE déclarait, il n'y a pas très longtemps, que «sans reforme pas d'élection». Qu'est-ce qui s'est donc passé entre temps pour qu'il change d'attitude ? Sans même donner une explication sérieuse à ses propres partisans et au peuple ? Sans aucun doute, il y a certainement eu des arguments «conséquents» en billets de banque pour le persuader, lui et tous les autres, afin  d'accompagner le petit tyran Faure à cette parodie d'élection. Et c’est ce que Koffi Yamgnane, un autre envoyé de l’impérialisme français dans notre pays, dénonce dans la presse internationale. Sans équivoque c’est ce qui explique ce changement d'avis sans crier gare et sans aucune explication.

Jean-Pierre Fabre n’est ni Sylvanus Olympio ni Aithson Mensah !

sylvanus-olympioAssurément déclarer dans ce contexte politique que «le boycott n'a jamais fait avancer la lutte des peuples», c'est travestir l'histoire de la lutte du peuple togolais face à ses ennemis d'hier et d'aujourd'hui. C'est travestir également l'histoire du CUT dont Jean-Pierre FABRE et l'ANC se réclament en être les héritiers. Car contrairement à tout  ce que Jean Pierre et compagnie veulent faire croire, nous ne sommes pas les inventeurs du boycott au Togo. Bien avant nous, il y a eu dans l’histoire politique au Togo, d'autres formations politiques qui avaient déjà appelé au boycott. On sait que pendant cette lutte anticoloniale, les nationalistes regroupés au sein du CUT et la JUVENTO avaient boycotté les différents scrutins de 1951 à 1958. Pourquoi une telle attitude des nationalistes d’alors ?

La raison est que face à la machine à fraude des colonialistes français pour soutenir les partis pro-colonialistes (UCPN et le PTP), face aux brimades, aux injustices et surtout à la répression du mouvement nationaliste, le CUT de Sylvanus Olympio et la JUVENTO de Aithson Mensah n'avaient pas d'autres choix que de boycotter toutes ces élections frauduleuses organisées par les colonialistes français.C'est cette attitude qui avait permis de mobiliser et d'organiser l'ensemble du peuple togolais pour établir un nouveau rapport de force dans le pays.C'est ce changement de rapport force avec la forte mobilisation de la jeunesse (UNETO-Jeune-Togo) et des travailleurs de UNTT, qui  était le fruit de la victoire des nationalistes le 27 avril 1958. Pas autre chose. En effet, on peut déduire que le boycott avait servi à isoler le colonialisme et ses valets au Togo  d’une part et avait permis à la JUVENTO, allié du CUT, d'entreprendre et d'étendre son travail politique et organisationnel sur tout le territoire national où les masses populaires étaient prêtes à passer à l'insurrection comme dans d'autres colonies comme le Cameroun et l’Algérie. C’était aussi dans ce contexte de lutte de masse où le rapport de force était en faveur du courant nationaliste au Togo et ailleurs que le colonialisme français était contraint de reconnaître -par devant- les observateurs des Nations Unies, la victoire électorale du 27 avril 1958.

Sachons étudier et apprendre de l'expérience des autres peuples !

Assurément nous devrions apprendre à connaître notre propre histoire et surtout l'expérience de lutte des peuples et les leçons que ces peuples en ont tirées. Ces leçons qui sont, aujourd'hui, à notre portée, nous pouvons facilement nous en nourrir pour faire avancer la lutte démocratique au Togo. Aujourd'hui, le peuple togolais et sa jeunesse combative doivent se démarquer complètement des sirènes des politiciens cupides qui continuent d'aller de négociation en élection bidon. Pour freiner l'élan populaire dans le pays, ces politiciens véreux chantent à tue-tête que "le Togo n'est pas le Burkina ni la Tunisie". Certes, ces deux peuples qui par leurs luttes ont vaincu brillamment l'autocratie n'ont pas les mêmes drapeaux que le Togo. Mais force est de reconnaître que ce soit en Tunisie, au Burkina et au Togo c'est le néocolonialisme, l'oppression, la dictature qui écrase les plus faibles, une dictature où un petit groupe impose sa loi aux peuples en lutte. Il va de soi que les forces sociales et politiques composantes de ces deux peuples qui ont vaincu l'autocratie sont les mêmes qu'au Togo.

Au Burkina Faso, on peut facilement remarquer que face au tripatouillage de la loi fondamentale par un parlement aux ordres du clan Compaoré, les partis démocratiques dans ce pays ne se sont pas inscrits dans l'organisation d'une prétendue dialogue et élection avec la dictature comme nous le vivons au Togo depuis mars 1991 avec son cortège de dialogues interminables et d'élections truquées. Il est évident que si les partis démocratiques au Burkina-Faso avaient choisi cette voie de conciliation et électoraliste, le clan Compaoré serait encore, à coup sûr, au pouvoir pour narguer le peuple. Ainsi donc, on a vu au Burkina Faso un peuple vent debout a chassé la calamité nationale, l'autocrate Compaoré.

Quelques mois plutôt, en Tunisie, on a vu un vaste mouvement de masse chassé le tyran Ben Ali. Force est de constater que c'est après le démantèlement du système mafieux  mise en place par Ben Ali qu'on a pu organiser des élections libres et transparentes. Il en est ainsi parce que le peuple tunisien et les organisations démocratiques qui militent en son sein n'ont jamais cru à un changement par le dialogue, la négociation et les élections avec la clique Ben Ali. Incontestablement, l'exemple Tunisien et Burkinabè est édifiant et balaye d'un revers de main les arguments stériles, bidons de Jean-Pierre FABRE que «le boycott n'a jamais fait avancer la lutte des peuples». Il serait bien qu'il nous cite un pays où les élections ont fait tomber une dictature dynastique.

Dans ce contexte où la constitution, le code électoral et les libertés démocratiques sont mis aux fers, où une dictature dynastique contrôle tous les leviers du pouvoir, l'attitude juste des démocrates et patriotes est le boycott de cette parodie d'élection dans la perspective d'amplifier la propagande et l'organisation du peuple pour hâter la chute de ce pouvoir injuste, dictatorial.

Togo En Lutte

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil

Bruxelles, le 21 avril 2015

Infos : www.togoenlutte.org

Contact :  togoenlutte@gmail.com

Correspondance : Togo En Lutte
© Correspondance : Togo En Lutte

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